
Aujourd’hui, les espaces de travail se veulent « flexibles », confortables et connectĂ©s. Ils sont Ă l’image des nouvelles organisations du travail. Mais comment travaille-t-on dans d’autres pays ?
Il y a l’ambiance dĂ©tente au service de l’efficacitĂ©, oĂą billard, tennis, boulodrome et crèche d’entreprise sont Ă disposition des salariĂ©s. Les espaces collaboratifs, censĂ©s abandonner les rapports de force, encourager la transparence des Ă©changes et la mise en rĂ©seau. Il y a aussi l’ambiance ouverte, en open space, au service de la communication et… de ses petits dĂ©sagrĂ©ments. Absence d’intimitĂ©, distraction constante, contrĂ´le de chacun sur l’autre. C’est l’open stress. Puis, il y a l’ambiance « poulailler » au service de l’ultra-compĂ©titivitĂ© et de la performance Ă tout prix.
De tout temps, le bureau a jouĂ© le rĂ´le de vitrine. Mais il reste surtout un redoutable outil de management. Ses cloisonnements comme ses ouvertures disent toute la philosophie de l’entreprise. Aujourd’hui, par souci de rentabilitĂ©, d’optimisation des mètres carrĂ©s et des biens immobiliers, les espaces de travail se rĂ©duisent. Chez Google, par exemple, environ la moitiĂ© des dix mille collaborateurs chargĂ©s du dĂ©veloppement produit travaillent en petites Ă©quipes de trois personnes en moyenne.
Coworking, travail nomade, nouvelles technologies semblent pousser les travailleurs Ă l’extĂ©rieur. Nombre d’entreprises se mettent ainsi Ă l’usage des bureaux « non dĂ©diĂ©s ». Chacun peut, jour après jour, disposer d’un desk pour quelques heures, mais aucun bureau « n’appartient » plus Ă personne. L’avenir, prĂ©disent dĂ©jĂ certains, est aux coffices, ces espaces de travail partagĂ©s, oĂą les employĂ©s iront de projet en projet, en sirotant leur cafĂ©. Un simple canapĂ©, une table ronde et une prise d’Ă©lectricitĂ© suffisent-ils Ă mieux travailler ?
Pas si vite. Pour d’aucuns, 2013 marque le come-back du bureau à papa. À l’instar de Marissa Mayer, la grande patronne de Yahoo!, qui affirme, pour justifier l’arrêt du télétravail au sein du géant de l’internet, que se rendre sur son lieu de travail tous les jours permet au salarié de ressentir l’énergie et l’excitation. Mais aux États-Unis, l’espace de travail n’a pas grand-chose à voir avec l’environnement dans lequel travaillent les Belges. Le monde est sans doute un village, mais en matière d’aménagement de bureau, chaque pays garde ses spécificités. L’anthropologie du travail, à travers la culture du mobilier ? Petit tour d’horizon, en mode work-trotter.
Inde
En Inde, il faut ĂŞtre du matin. La journĂ©e commence tĂ´t et souvent avec le rituel du petit-dĂ©jeuner. Les Indiens doivent aussi prendre en compte le temps de transport avant d’arriver dans leur entreprise. CĂ´tĂ© mentalitĂ©, l’employĂ© se rĂ©alise dans le projet qu’il accomplit. En Inde, les rituels sociaux sont très prĂ©sents. Le travail y est considĂ©rĂ© comme une deuxième vie. En raison de la place que le travail prend au quotidien, il faut donc partager un certain nombre de moments de convivialitĂ©. Ă€ midi, impossible de s’isoler. Les dĂ©jeuners se font en groupe. Au bureau. De mĂŞme, dans l’espace de travail il faut supporter une solidaritĂ© parfois pesante. D’autant qu’on n’hĂ©site pas à « empiler » les bureaux. Autre particularitĂ© : le business se trouve dans les mains de quelques familles, d’oĂą un fonctionnement très paternaliste de l’entreprise.
Grande-Bretagne
Surnommée « l’île des individualistes », la Grande-Bretagne est paradoxalement adepte de l’espace collaboratif qui y est plus développé qu’ailleurs. Mais en raison de ce fort individualisme, les Britanniques ont un lien distant avec leur entreprise. Ils changent d’ailleurs souvent d’emploi ou d’entreprise. Dans le monde anglo-saxon, les salariés ont adopté la culture du résultat. Ils sont plus compétitifs que coopératifs. Du coup, la carrière prime sur la qualité de vie. Les Britanniques préfèrent limiter la communication au maximum et s’appuyer sur des moyens plus efficaces tels l’e-mail ou l’écrit.
États-Unis
En entreprise, les Américains évoluent principalement sur deux modes : le leadership et la consultation régulière des salariés. Du coup, le chef n’incarne pas son pouvoir ; il ne doit pas forcément posséder le meilleur bureau. Cette pratique persiste néanmoins dans les secteurs traditionnels telle la banque. Outre-Atlantique, la culture du court-terme prédomine. Les moyens proactifs comme le mail et le téléphone sont particulièrement appréciés. Il existe aussi un fort besoin de standardiser et d’organiser la vie en entreprise. Contrairement aux idées reçues, l’entreprise américaine n’aime pas l’injustice. Elle promeut ainsi l’équité entre les salariés. Ces derniers sont évalués sur les objectifs. Autre tendance forte : le creative work, qui permet à chacun d’apporter ses idées.
Russie
Dans les entreprises russes, l’aspect social du travail est très important. Les échanges ont souvent lieu dans les espaces de travail et non dans des salles de réunion qui sont quasiment inexistantes. Autre caractéristique : la bureaucratie et la paperasse sont omniprésentes. Le rythme du travail y est rapide et intense. L’entreprise est aussi fortement axée sur le pouvoir du chef.
Chine
En Chine, l’entreprise est encore plus autocratique qu’ailleurs. Là -bas, le chef, c’est Dieu. Les sociétés y sont aussi très collectivistes et les attentes du salarié sont bien moins importantes que celle du groupe. De plus, les Chinois font preuve d’un certain fatalisme. Ils acceptent la densité de population au sein de leur entreprise. Et prévoient rarement une autre salle de réunion que celle qui rassemble tous les bureaux. Pour se reposer, les salariés chinois déplient parfois un lit de camp sommaire, pour faire une courte sieste. À même leur bureau. Quoi qu’il arrive, l’employé chinois garde la face. En Chine, on fait des affaires avec des connaissances et des amis, rarement avec des inconnus. Question d’harmonie.
PubliĂ© le 22/03/2013 – References.be – Par La RĂ©daction
Retrouvez toutes nos offres d’emplois sur Moovijob.com !