Le parcours « coop » est apprécié des étudiants et des écoles

Dans la lutte que se livrent les universités pour attirer les étudiants, les parcours coopératifs sont une arme efficace. Les étudiants sont toujours plus nombreux à choisir cette formule qui leur assure un an de stage pendant leurs études.

L’Université de Sherbrooke a été la première au Québec, il y a presque 50 ans, à lancer la formule «coop». Aujourd’hui, 4 500 étudiants suivent ce cursus, et des investissements importants ont été consentis pour développer le service des stages et du placement en conséquence (bâtiment de trois étages, salons multimédias, logiciel spécialisé, 50 employés, etc.).

L’UdeS compte même bientôt innover en lançant la formule… pour les infirmières. «C’est une première ! Ce sera le seul parcours coop pour des infirmières au Canada», affirme Denis-Robert Élias, directeur général du Service des stages et du placement. Pour le moment, les infirmières ont des stages obligatoires – très encadrés – durant leur formation. Avec la formule coop, «ces stages seront rémunérés, et c’est l’établissement qui décidera des tâches qu’elles feront». Dès septembre 2015, l’Université s’attend à pouvoir démarrer une cohorte de 45 personnes au campus de Longueuil et une autre équivalente à Sherbrooke.

La formule fait des émules. L’Université Concordia, qui propose une quarantaine de parcours en coop, affiche cette option bien en évidence sur la page d’accueil de son nouveau site Internet. «À ce jour, 1 450 étudiants ont choisi cette formule. Depuis trois ans, on a vu une augmentation d’environ 15 % des effectifs», constate Gerry Hughes, directeur de l’Institut d’enseignement coopératif de l’Université Concordia.

L’évolution de la demande de stages de la part des étudiants est généralisée. «La première question des étudiants qui se renseignent sur notre université porte souvent sur la possibilité de faire des stages», explique Nadir Belkhiter, vice-doyen aux études de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, qui offre quatre programmes en formule coop et des stages dans de nombreux autres.

Un gage de crédibilité

«C’est un gage de crédibilité vis-à-vis des employeurs. Pour les filières qui ont des stages mais pas en coop, il faut expliquer pour convaincre les recruteurs du sérieux de ces expériences», poursuit le vice-doyen.

Les parcours coopératifs sont régis par l’Association canadienne de l’enseignement coopératif (ACDEC). Ils imposent au moins trois séjours en stage pendant le cursus. En fin de compte, les étudiants sortent avec près d’un an d’expérience professionnelle. Un plus sur leur CV.

«On a des témoignages d’employeurs qui nous expliquent qu’au moment de la sélection des CV pour un poste, ils retiennent d’emblée ceux qui ont suivi la formule coop. Ils sont prêts à payer ces candidats plus cher, parce qu’ils savent qu’ils auront moins de formation à donner pour qu’ils soient opérationnels», note Denis-Robert Élias.

Forte du succès de la formule, l’Université de Sherbrooke ajoute un ou deux programmes de formation en parcours coop tous les deux ou trois ans (géomatique, environnement, maîtrise en économie, etc.). D’ordinaire, le parcours coopératif est proposé dans les programmes d’études comme le génie, le marketing, la finance, etc. Mais la tendance est à la généralisation. «Environ 85 % des étudiants en coop sont en commerce et en génie», précise Gerry Hughes. Mais l’Université Concordia essaie d’inclure la formule dans des disciplines moins traditionnellement axées sur le marché du travail, comme l’histoire de l’art, les sciences politiques et la sociologie.

Une formule plus souple

La formule coop, très encadrée par l’ACDEC, est souvent un produit d’appel qui côtoie d’autres formules plus souples. Ainsi, l’Université Concordia offre des programmes d’expérience industrielle et d’expérience professionnelle pour les étudiants en génie, informatique, physique, design, etc.

Même constat à l’Université Laval. «On a mis en place une formule plus flexible que la coop, car c’est un système très rigide. L’année dernière, lorsque l’activité a diminué dans le secteur des mines, nous avions beaucoup de mal à trouver des terrains de stage pour nos étudiants en génie des mines en coop. Mais nous ne pouvions pas reporter leur session de stage, car il est impératif qu’elle ait lieu à un moment précis dans le cursus. C’était difficile à gérer», explique Nadir Belkhiter.

Par ailleurs, certaines modalités ne conviennent pas aux employeurs. «La formule interdit de terminer le cursus d’études par un stage. Pourtant, les employeurs, qui font partie d’un comité consultatif avec lequel nous tenons régulièrement des réunions, nous disent qu’ils aimeraient parfois pouvoir embaucher les stagiaires pendant un stage de fin d’études, sans que ceux-ci aient à retourner en classe pour faire leur dernière session scolaire», ajoute le vice-doyen de l’Université de Laval.

Reste que le parcours coopératif est désormais très connu et que les employeurs en reconnaissent rapidement le label. Les stages étant devenus incontournables, ils vont très certainement prendre plus de place dans les études, sous forme coop ou non.

Publié le 20/02/2014 – LesAffaires.com

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