Et si on parlait du salaire en entretien ?

Tabous et timidité obligent, de nombreux candidats hésitent à aborder la question de la rémunération au cours du processus de recrutement. Et pourtant, il s’agit bien sûr d’un élément important du poste que vous visez ! Découvrez les réponses à 7 questions que vous vous posez tous sur la façon de parler salaire en entretien.

Faut-il vraiment attendre l’entretien pour s’en inquiéter ?

Non.
« Dans la grande majorité des cas, le recruteur vous demandera de lui donner une fourchette dès le premier contact téléphonique », prévient Bern Terrel, directeur du département industrie, biens de consommation et services Hudson. Vous ne devez pas vous laisser prendre au dépourvu. Sachez quels sont les prix qui se pratiquent sur le marché. Pour cela, outre votre propre salaire, vous pouvez faire des recherches sur Internet : parcourez les offres d’emploi, consultez des sites du style Suisjebienpaye.fr, et étudiez les études de rémunération mises à votre disposition par divers cabinets de recrutement (Michael Page, Hudson, Hays, Robert Half, Expectra…).

Le problème ? Au cours de cette prise de contact, vous n’en savez pas forcément beaucoup sur le poste, ce qui rend l’évaluation difficile. Une réponse acceptable : « je vous donnerai mes prétentions quand j’en saurai plus sur l’amplitude du poste, ses missions et ses responsabilités. » Ce à quoi le recruteur risque de rétorquer qu’il aurait au moins besoin de connaître votre salaire actuel, ou votre dernier salaire. Dans ce cas, n’hésitez pas à le lui donner, en précisant que vous espérez décrocher davantage à votre nouveau poste.

Faut-il donner un chiffre unique ?

Non.
« En principe, on annonce une fourchette, et c’est aussi le langage que parlera le recruteur. De cette façon, on voit tout de suite si les prétentions et la proposition pourront être compatibles. » C’est une façon de gagner du temps des deux côtés. Si votre minimum est vraiment beaucoup plus élevé que l’évaluation haute donnée par le recruteur, c’est-à-dire plus de 20 ou 25 %, ce n’est pas la peine d’aller plus loin.

Le problème ? Vous devez bien viser ! Une fourchette trop large ne sert pas à grand-chose, et une fourchette trop étroite ne laisse pas place à la négociation.

Dois-je en parler le premier ?

Non.
« C’est au recruteur d’amener le sujet. Il vous annoncera un chiffre ou vous demandera quelles sont vos prétentions. » Si vous en avez déjà parlé au moment de l’entretien téléphonique, la conversation sera assez facile. Dans le cas contraire, soyez préparé !

Le problème ? Parfois, le recruteur n’aborde pas la question. A vous de le faire, mais soyez patient : c’est en dernière partie d’entretien que vous pouvez vous lancer, une fois qu’on vous a présenté le poste et l’entreprise, que vous avez exposé votre parcours et vos motivations, et que vous avez répondu aux questions qu’on vous aura posées.

Puis-je mentir ?

Non.
« Quand votre interlocuteur vous demande quelle est votre rémunération, la transparence est importante, car il peut demander à voir votre fiche de paie. »

Le problème ? Vous vous estimez peut-être mal payé à votre poste actuel et espérez qu’en gonflant les chiffres, vous obtiendrez plus. Bern Terrel conseille : « même si vous vous trouvez dans ce cas, n’hésitez pas dire la vérité et à préciser que c’est la raison pour laquelle vous espérez une revalorisation plus importante que ce qui se pratiquerait en temps normal. »

Dois-je rester inflexible ?

Cela dépend.
Dans l’idéal, annoncez un chiffre un peu plus élevé que le salaire que vous espérez vraiment obtenir. Les recruteurs maîtrisent ce jeu et vous proposeront moins, ce qui lancera la négociation. « S’il y a un écart de 5 à 10 % entre la proposition de l’employeur et les prétentions du candidat, il est généralement facile de trouver un terrain d’entente, rassure Bern Terrel. Vous pouvez par exemple négocier un niveau de fixe en deux temps, avec une augmentation de 2 ou 3 % à la fin de la période d’essai. S’il s’agit d’un poste avec variable, demandez à ce qu’une partie de ce variable soit garantie. Une autre possibilité consiste à essayer d’obtenir un welcome bonus, une prime exceptionnelle d’arrivée dans l’entreprise qui permet de rentrer dans les cases de la grille de rémunération. »

Le problème ? Parfois, les deux parties sont inflexibles. Bern Terrel confirme : « j’ai vu des négociations échouer pour l’équivalent de 30 euros net par mois sur des sommes atteignant les 55 000 euros brut annuels ! »

Puis-je parler d’autres éléments de rémunération ?

Oui.
Le fixe n’est pas le seul composant de la rémunération. Le package est important. « Il y a le variable, la mise à disposition d’un véhicule de fonction, la prise en charge des frais de déménagement au besoin, le nombre de jours de RTT, la qualité de vie avec par exemple la possibilité de travailler de chez soi un ou deux jours par semaine… » Les avantages collectifs, du style participation et intéressement, sont aussi à prendre en compte. Mais attention : sur l’annonce du premier chiffre, parlez bien en fixe annuel brut.

Le problème ? De très nombreux éléments rentrent en ligne de compte. Pour ne pas en oublier, n’hésitez pas à faire une liste pour votre information personnelle. Vous pouvez même la classer par ordre d’importance, en mettant en premier les avantages que vous souhaitez vraiment obtenir.

Est-il possible de changer d’avis ?

Oui… Sous certaines conditions.
Vous vous rendez compte que vous auriez pu demander plus ? Votre entreprise vous a fait une contre-offre ? Un autre recruteur vous fait les yeux doux ? Le poste est finalement plus exigeant que vous ne le pensiez ? Peu importent les raisons, vous avez décidé que vous voulez plus que ce que vous aviez annoncé au début… Pourquoi pas, mais alors vous allez devoir faire preuve de diplomatie ! « N’attendez pas le dernier moment pour dire « Finalement c’est 20 % de plus ou je ne viens pas ! » Si vous changez d’avis, annoncez-le le plus tôt possible. La forme est aussi importante. Vous pouvez par exemple expliquer que vous avez reçu une contre-proposition de votre employeur actuel. »

Le problème ? Le changement d’avis pourra être accepté si vous êtes un profil très rare que l’entreprise recherche depuis longtemps sans trouver, mais il ne donne pas une très bonne impression.

Publié par careerbuilder.fr – Par Séverine Dégallaix

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