Mon premier emploi: le témoignage de Pierre Gramegna


Pierre Gramegna, 55 ans, est directeur général de la Chambre de commerce. De nationalité luxembourgeoise, il réside à Esch-sur-Alzette.
 
Il nous parle de son premier emploi rémunéré et du début de votre carrière professionnelle.
 
Monsieur Gramegna, quel a été votre premier emploi rémunéré et quel a été le début de votre carrière professionnelle?
 
Mon premier emploi a été de faire du journalisme en été, à l’agence d’Esch-sur-Alzette du «Républicain Lorrain».
 
Comme correspondant, j’étais payé à l’article entre 150 et 350 francs luxembourgeois (de 4 à 9 euros) selon leur longueur. J’ai exercé cette activité, lorsque mes études m’en laissaient le temps, de l’âge de 17 ans jusqu’à mon vingt-cinquième anniversaire.
 
Mon premier article portait sur une critique de théâtre et j’ai balayé de nombreux sujets, comme notamment une enquête très sérieuse (!) sur le prix de la pomme de terre (quinze francs luxembourgeois à l’époque) lors du creux du mois d’aout! Cette expérience de journaliste m’a beaucoup apporté dans le délié des phrases, la clarté de l’expression, la nécessité de comprendre, de synthétiser et d’aller à l’essentiel.
 
Le journalisme, allié à la pratique du latin qui impose une nécessaire rigueur intellectuelle, m’a énormément aidé dans la rédaction de notes et de discours. Suite à mes études de droit et d’économie à Paris II, je suis directement entré dans la carrière diplomatique.
 
Après cinq ans au ministère à Luxembourg, j’ai passé cinq ans à Paris comme conseiller d’ambassade, puis trois autres années comme consul général à San Francisco, et, enfin, six années comme ambassadeur du Luxembourg à Tokyo. Ensuite, retour pendant un an à Luxembourg, comme directeur des relations économiques.
 
La découverte de la côte Ouest des Etats-Unis, de la façon de vivre et de la mentalité des Américains m’a été fort utile pour aborder avec plus de largeur d’esprit mon passage au Japon, où la compréhension des us et coutumes locaux nécessite beaucoup de patience et de temps.
 
Des amis proches ont attendu plus de trois ans avant de m’expliquer certaines coutumes japonaises, au prétexte que je ne pouvais les comprendre avant ce préalable! Par exemple, la nécessité d’installer un invité le plus loin possible de la porte d’entrée afin qu’il puisse voir l’arrivée d’un éventuel assassin! Cette coutume est issue du souvenir des samouraïs.
 
Comment quitte-t-on la carrière diplomatique pour se diriger vers le privé?
 
En 2003, j’ai été sollicité pour prendre la direction de la Chambre de commerce. Après avoir défendu pendant vingt ans les intérêts diplomatiques du Luxembourg, j’ai donc accepté de défendre les intérêts économiques de mon pays.
 
Je me suis laissé séduire par ce défi qui m’a offert l’opportunité de diriger une institution et d’exercer un métier éminemment pragmatique.
 
A cette époque, il fallait trouver quelqu’un qui soit à l’image du nouvel immeuble, tout d’acier et de verre, symbole de transparence et d’ouverture.
 
Transparence pour mieux expliquer l’activité d’une Chambre de commerce avec une visibilité accrue, notamment dans les médias, et ouverture en développant une culture de prestation de service au bénéfice des entreprises et en travaillant avec tous ceux qui renforcent l’économie luxembourgeoise.
 
Tel est mon objectif, aidé en cela par l’équipe d’une centaine d’employés qui compose le personnel de la Chambre de commerce.
 
Quels conseils donneriez-vous à des jeunes à l’aube de leur carrière professionnelle?
 
J’encourage les jeunes gens à faire de nombreux stages, même non rémunérés, afin de découvrir le plus de domaines possibles, pour se forger une expérience et connaître ainsi ce qu’ils aiment ou n’aiment pas.
 
De même, ils sauront ce qu’ils savent faire ou ne savent pas faire. Cette connaissance les aidera énormément pour effectuer le bon choix de carrière.
 
Un conseil pratique également est de faire figurer les éventuelles mentions (très bien, bien ou assez bien) sur les CV. Cette mention, qui en général est une preuve de la volonté de bien faire et d’une certaine rigueur, peut influencer la décision d’un employeur.
 
Pour les personnes en cours de carrière il me semble qu’il faille garder un esprit curieux et ouvert aux autres et savoir éventuellement saisir les opportunités.
 
Propos recueillis par Gérard Karas
 
Source ; www.wort.lu
 
Venez rencontrer votre futur employeur au Luxembourg lors de la tournée Plug&Work Europe 2013 ! Toutes les infos et inscriptions sur plugnwork.eu !
 
Retrouvez toutes les offres d’emploi et de formations au Luxembourg sur www.moovijob.com !