150 000 nouveaux emplois dans les PME allemandes

Professions
En matière d’emploi, le vieillissement de la population serait-il plus déterminant que la crise financière et la récession économique ? Assez en tout cas pour inciter les PME allemandes à créer plusieurs milliers de nouveaux postes au cours de cette année.

 

En ce début d’année, les entreprises allemandes voient leur confiance entamée par la persistance de la crise. Elles n’en prévoient pas moins d’embaucher au cours de cette année. Ces prévisions, qui émanent d’un sondage publié début janvier et effectué par les 80 CCI allemandes auprès de 25 000  membres de moins de 500 salariés et de mille entreprises de plus de 1000 salariés, font état de la création de 150 000 nouveaux emplois dans les douze prochains mois. Fait nouveau, parmi eux 30 000 postes verront le jour à l’Est du pays, région jusqu’alors frappée par la récession économique et la désertification.

En effet, au rang des préoccupations des chefs d’entreprise, la crise financière n’est pas seule à être considérée comme facteur d’insécurité. Pour 34 % des PME et 33% des grandes entreprises interrogées, le manque de main d’oeuvre qualifiée est jugé comme un risque de perte de compétitivité à l’heure où ces mêmes entreprises sont tournées vers les marchés internationaux. La pénurie semble même s’aggraver.  En 2010, seules 16 % des entreprises confiaient à leur CCI leurs problèmes à recruter.

Du reste, aujourd’hui, le secteur informatique et nouvelles technologies traditionnellement très demandeur de diplômés n’est plus le seul à éprouver ces difficultés. La branche IT, dont 42 % des entreprises se déclarent en manque de personnels, est désormais devancée par les secteurs de la restauration et de la santé, dont respectivement 52 % et 63 % des entreprises déplorent le manque de candidats.

 

Facteur démographique

La perspective d’un ralentissement économique, voire d’une récession, ne freine donc pas la volonté des entreprises d’augmenter leurs effectifs. Au contraire, le déclin démographique et les besoins liés au vieillissement de la population contribuent à l’essor de certains secteurs comme la santé, les techniques médicales ou encore les services de proximité. Les techniques médicales et les entreprises pharmaceutiques prévoient également de renforcer leurs exportations vers les pays émergents.

Dans cette dynamique d’emploi, de fortes disparités risquent cependant de se creuser entre les secteurs d’activité. Ainsi, les PME très orientées à l’export, particulièrement dans les pays de la zone euro et dans des secteurs comme la machine-outils ou l’électronique, restent prudentes sur leurs pronostics d’embauche. De même, l’emploi devrait diminuer dans les entreprises du commerce, plus pessimistes quant à l’issue de la crise et au maintien du pouvoir d’achat.

Hans Heinrich Driftmann, président de la DIHK (la fédération des CCI allemandes), ne relève pas moins que, sur l’ensemble du pays, les entreprises devront puiser dans les réserves de main d’oeuvre. Bien que restant fermé aux non-qualifiés, le marché du travail doit, selon lui, s’ouvrir aux femmes désirant reprendre une activité  professionnelle ou encore au titulaire de la blue-card, un modèle, conçu par l’Allemagne selon le principe de la Green Card américaine, incitatif à l’immigration de diplômés.

 

 

Le frein énergétique

Pour le président de la DIHK, il s’agit aujourd’hui de renforcer la communication à l’étranger sur ces opportunités du marché de l’emploi allemand. Du reste, le réseau des CCI allemandes dispose de 120 antennes dans quatre-vingts pays, les AHK (Auslandshandelskammern).

Comme le souligne le sondage des CCI, la dynamique de l’emploi sera cependant marqué à terme par deux facteurs politiques importants, la fiscalité et le prix de l’énergie, qui pourraient constituer de graves freins à la création de postes.

En ce début d’année électorale, les entreprises attendent des signaux forts de Berlin. 52 % des PME placent en effet le coût de l’énergie et des matières premières au premier plan de leurs préoccupations en 2013. L’augmentation de 30 % des tarifs d’électricité au 1er janvier touche particulièrement les industries grandes consommatrices comme la métallurgie, le verre, la céramique, mais aussi le secteur automobile et la chimie. Ces entreprises indiquent qu’elles s’attendent à procéder à des réductions d’effectifs en cours d’année si les conditions ne venaient à s’améliorer. En effet, outre le coût énergétique, la pérennité de l’approvisionnement en électricité inquiète les entreprises. Les capacités du réseau existant ne sont en effet pas suffisantes pour acheminer l’énergie des sources renouvelables notamment l’éolien de la Mer du Nord vers le Centre et le Sud du pays. Comme le conclut la DIHK : « Des coupures d’électricité de quelques secondes peuvent conduire à des interruptions de production coûteuses voire entrainer l’endommagement des machines. »

Article publié le 17 janvier 2013 – actu-cci.com – Marie Luginsland

 

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