Apprendre le chinois pour booster sa carrière professionnelle

L’apprentissage du mandarin se révèle un atout de taille sur le marché de l’emploi et attire de plus en plus de candidats.

Diplômée du Cesem, le bachelor en quatre ans de Reims Management School (RMS), Margaux Corruble a opté pour un cycle franco-chinois. Deux ans pendant lesquels elle a appris les fondamentaux du marketing, du management et les bases du mandarin, puis trois ans en Chine, d’abord à suivre des cours de chinois à plein temps, puis à étudier à l’UIBE de Pékin (University of International Business and Economics). Une bonne approche de la langue qui lui a valu de faire un stage comme assistante du directeur général de la maison Baccarat en Chine, puis de décrocher son premier emploi dans une entreprise chinoise d’événementiels à Pékin. «Aujourd’hui, ces expériences me permettent d’être sélectionnée pour faire le MBA Sup de Luxe à Paris à la rentrée», se félicite la jeune femme, qui projette de mettre à profit sa connaissance du chinois pour travailler ensuite avec des équipes chinoises.

De plus en plus de jeunes s’y mettent
Comme elle, de plus en plus de cadres, attirés par le potentiel économique de la Chine, se décident à apprendre le mandarin. Le nombre de stagiaires de l’Institut chinois progresse de 15 à 20% par an. L’engouement est également fort chez les plus jeunes: 29.505 élèves apprenaient le mandarin à la rentrée 2011, dans le secondaire contre 9328 sept ans plus tôt.

D’ores et déjà, cette compétence se révèle un véritable atout sur le marché de l’emploi… asiatique. «Nous recrutons des cadres confirmés pour des sociétés françaises, grandes entreprises ou PME. La connaissance du mandarin est sinon obligée, du moins hautement recommandée. Non pas forcément dans la pratique de son métier, mais pour assurer les échanges au quotidien avec des collaborateurs chinois dont la majorité ne parlent que cette langue», indique Yves Corcelle, directeur du bureau parisien de Dragonfly Group, un cabinet de conseil en recrutement et RH pour des sociétés françaises installées en Chine.

Parti créer des centres de formation au français et à l’anglais dans la région de Yangshuo en 2001, Jérôme Berny a, lui, appris le mandarin sur place. Après une expérience de deux ans, il est embauché comme directeur d’une usine délocalisée d’un fabricant suisse de petite maroquinerie. Un poste qu’il occupera sept ans. «Mon niveau était suffisant pour comprendre le mandarin et le parler dans les ateliers. Dans les réunions, je parlais anglais et me faisais traduire, pouvant corriger les traductions en mandarin lorsqu’elles étaient trop imprécises. Cela m’a évité des déconvenues dans un pays où celui qui ne comprend pas n’osera pas vous le dire», se souvient-il.

Revenu depuis deux ans en France, où il a créé une société de sourcing et d’achats auprès d’usines chinoises, Jérôme Berny est convaincu qu’une bonne maîtrise du mandarin n’est pas superflue. «C’est la relation humaine, davantage que le contrat, qui prime dans les affaires. Dans ce cadre, communiquer en chinois est un effort fortement apprécié pour établir la relation», avance-t-il. C’est ce qu’ont bien compris certaines marques de joaillerie ou de parfumerie de la place de Paris, qui n’hésitent pas à former leurs vendeurs français à recevoir dans leur langue les clients chinois. À l’Institut chinois, ces profils représentent jusqu’à 30% des stagiaires.

Combien de temps faut-il pour maîtriser correctement le chinois? «Il existe deux langues: la langue orale et la langue écrite, nuance Isabelle Han, présidente de l’Association française des professeurs de chinois. On peut tout à fait privilégier une approche de l’oral et laisser de côté les signes, qui ne sont pas complexes mais demandent que l’on y consacre du temps.» Responsable commercial à l’Institut chinois, Pierre Pagès estime qu’une soixantaine d’heures de cours permettent de se débrouiller dans la vie quotidienne ou de tenir une petite conversation en situation de vente.

Publié le 22/10/2012 – Lefigaro.fr – Par Gaëlle Ginibrière

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