Attirer, fidéliser, recruter : comment trouver de nouveaux talents dans l’Aéronautique

Sur les 20 prochaines années, le trafic aérien de passagers augmentera de 4,7 % par an. Les industriels se creusent la tête pour trouver et fidéliser les meilleurs candidats ingénieurs.

Quelque 32.000 ingénieurs sont formés chaque année en France, il en faudrait 42.000. La dernière étude de l’Apec sur la situation des jeunes un an après leur diplôme montre que 8 ingénieurs sur 10 sont en poste, contre 7 sur 10 pour les universitaires. Avec un taux d’emploi de 82 %, les ingénieurs en aéronautique font partie des plus demandés.

Les besoins sont patents. Sur les 20 prochaines années, le trafic ­passagers devrait augmenter de 4,7 % par an et plus de 10.000 appareils seront remplacés par des ­avions neufs, moins polluants. ­Airbus affiche un carnet de commandes rempli pour les sept à huit ans à venir. Cette année, il aura recruté 4000 personnes en Europe, dont 70 % d’ingénieurs et cadres. Les équipementiers suivent le tempo. Safran table sur 6000 à 6500 embauches (la moitié en France), dont 75 % d’ingénieurs et cadres et sur une tendance similaire en 2013. Eurocopter prévoit 700 nouveaux postes sur un millier de recrutements. Le leader en ingénierie ­Altran (20 % de CA dans l’aéronautique) 2200 ingénieurs et un peu plus l’année prochaine.

Des «serious games» pour toucher les étudiants
Côté cadres, les jeunes diplômés représentent 20 % à 40 % de ses embauches. Un public par définition avide d’informations et qu’il faut séduire. Partenariats avec les écoles, présence sur les réseaux ­sociaux, interventions dans les ­salons, stages… sont indispensables mais ne suffisent pas pour se distinguer.

Entre un univers ludique et décalé (mais pas trop) et la découverte du groupe et de ses métiers, les entreprises tentent de trouver l’équilibre pour les attirer. En 2008, ­Thales a été l’un des premiers à utiliser les «serious games» pour toucher, partout dans le monde, les étudiants et les jeunes ingénieurs dont il avait besoin. Avec Moonshield, ils développent une base lunaire, à partir des technologies du groupe. Safran vient d’affiner le concept, en mêlant réel et virtuel. Depuis 2005, le groupe sponsorise le navigateur Marc Guillemot en participant à la conception et la réalisation de ses bateaux.

À l’occasion du prochain Vendée Globe, il lance le Safran-esailing team. Les étudiants vont régater en temps réel, à la barre du bateau virtuel Safran et répondront à des quiz sur l’entreprise et ses filiales. «Plus d’une centaine d’ingénieurs du groupe ont travaillé sur le bateau, notamment des ingénieurs aéronautiques pour l’aérodynamique, les matériaux, les systèmes de navigation, le câblage, etc. La quille par exemple est recouverte d’un voile en titane utilisé dans les trains d’atterrissage. Le bateau Safran montre la diversité de nos technologies», explique Jean-Luc Bérard, DRH groupe.

Pari identique chez Altran, même si les voies empruntées diffèrent. Partenaire du projet Solar Impulse (l’avion sans carburant) dès ses débuts, le groupe va inviter 20 étudiants de 3 écoles et universités à rencontrer les ingénieurs sur place. Ceux-ci se déplaceront ensuite en Europe dans les écoles cibles ­d’Altran. Ces experts feront toucher du doigt la réalité des métiers de l’ingénierie, sur un projet environnemental de haut niveau. Le groupe prévoit aussi des compétitions de drones lors de forums, en parallèle d’actions de recrutement.

Amplifier la visibilité
Quel impact sur les embauches? Altran a testé sa compétition de drones en mars dernier. 400 participants étaient sur son stand et posaient des questions sur le groupe. Le Safran-esailing team démarrera le 10 novembre, plus de 60 écoles sont déjà sur les rangs. En amplifiant leur visibilité, les entreprises augmentent le nombre et surtout la qualité des candidats.

Fly your Ideas, le concours mondial d’Airbus, en est à sa 3e édition. En 2010-2011, il a mobilisé 287 universités et 2600 jeunes de 75 pays. «Il s’agit pour les étudiants de réfléchir à des idées qui pourraient améliorer encore davantage l’industrie aéronautique et son environnement, c’est aussi un moyen de les aider à choisir leur orientation», indique Rachel Schroeder, responsable marketing emploi d’Airbus. Pour sa 1re édition, l’équipe qui l’avait emporté était constituée d’un Suisse, d’un Allemand, d’un Hongkongais formés dans une université australienne. Une mixité qui plaît à Airbus.

Publié le 15/10/2012 – LeFigaro.fr – Par Christine Piédalu

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