«La stabilité du Luxembourg… à préserver»


Le nouveau doyen de l’Insead était de passage au Luxembourg. L’occasion d’évoquer la nouvelle donne économique mondiale, à l’aune de la croissance chinoise.
 
On l’attendait, à priori, sur le terrain de l’économie pure mais Ilian Mihov, doyen de l’Insead Business School depuis le 1er octobre dernier n’oublie pas l’importance de la politique dans le développement économique des Etats. A fortiori dans le cas de la Chine, l’un de ses sujets de prédilection.
 
«Le plus grand chantier pour les cinq prochaines années pour la Chine est de conclure les réformes nécessaires qui permettront à son économie de passer à un niveau supplémentaire», déclare celui qui était au passage au Luxembourg pour l’un de ses premiers voyages de Doyen.
 
Il était invité par l’association d’Alumni de l’Insead qui compte une centaine de membres au Luxembourg.
 
La barre des 40.000 dollars
 
Ses travaux l’ont amené à jauger les pays en fonction du développement de leur économie conjuguée à des institutions efficientes. Le résultat est sans appel pour certains.
 
« Des pays tels que le Venezuela ou l’Argentine stagnent dans une zone de revenu par habitant se situant entre 10 et 40.000 dollars par an», relève Ilian Mihov. «Il n’y a pas de pays qui a dépassé la barre des 40.000 dollars sans réformer et sans se doter des bonnes institutions.»
 
Régulation, qualité du gouvernement, lutte contre la corruption,….les institutions idéales n’existent pas non plus dans l’esprit du doyen de l’Insead mais elles doivent, selon lui, correspondre aux standards pratiqués dans l’économie mondiale, spécifiquement dans le champ du droit du travail. Un défi pour la Chine.
 
Energie positive
 
Optimiste de nature, Ilan Mihov entrevoit le défi énergétique en misant sur le développement technologique ou la découverte de carburant fossile supplémentaire pour réguler une demande à la hausse. Il se veut davantage prévenant quant aux dommages causés par l’activité de l’homme sur l’environnement.
 
« Le problème est que ces aspects environnementaux ne se rapportent pas à un prix, contrairement aux énergies fossiles, nous n’avons donc pas la même perception ni le même feedback sur nos actes s’y rapportant pour parvenir à inverser la tendance. »
 
Luxembourg, modèle rare
 
Et lorsque nous questionnons cet économiste averti sur sa vision du Luxembourg, il nous parle….de politique.
 
«Je note que le grand-duché a rencontré beaucoup de succès en créant un hub pour les services financiers, ce qui est loin d’être facile. En regardant à travers le monde, vous réalisez que ce type de place financière n’existe que dans des pays présentant une stabilité politique et bénéficiant d’une certaine prédictibilité. »
 
Basé à Singapour, Ilan Mihov encourage donc les pouvoirs publics, à préserver la perception du pays à l’étranger pour «bénéficier de la croissance d’autres pays dont la Chine.»
 
Source ; paperjam.lu
 
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