Les création d’entreprises en école de commerce ont le vent en poupe

Si les business schools forment avant tout des managers opérationnels, prêts à intégrer les PME comme les grands groupes, la dimension entrepreneuriale occupe une place de premier plan dans leur offre. Parcours et filières, accompagnement des créateurs, programmes de sensibilisation : voici les dernières innovations des écoles.

Tenace, capable de repérer des opportunités d’affaires et sachant s’entourer des bonnes personnes : ce sont les compétences indispensables aux créateurs d’entreprise. » Pour Amine Chelly, responsable de l’incubateur et du parcours Étudiant-Entrepreneur de l’EDC Paris, l’une des missions des écoles de commerce est de stimuler l’esprit entrepreneurial. Avec succès, dans le cas de l’EDC Paris : en trois ans, le nombre de créations d’entreprise portées par des étudiants et des jeunes diplômés a pratiquement doublé, pour atteindre une quarantaine en 2013.
Si la tendance générale reste modeste – moins de 1 % des jeunes managers se lancent dans l’aventure, d’après la Conférence des Grandes Écoles –, les conditions sont réunies pour une montée en puissance, comme les opportunités de business sur le digital ou encore le goût de l’indépendance et de l’autonomie qui caractérise les générations Y et Z. « Une grande partie des emplois de demain proviendra de la création d’entreprise, il faut donc être présent sur ce terrain », complète Jean-Michel Ledru, responsable de l’incubateur de l’EDHEC.

Spécialisations et compétitions

Les écoles ne s’y trompent pas, en multipliant les programmes et les services à destination des étudiants. Chaque année, des spécialisations dédiées à l’entrepreneuriat sont créées. Pour la rentrée 2013, l’ESC Rennes propose un MSc Innovation and entrepreneurship conçu avec l’Insa, associant des étudiants en ingénierie et en management, tandis que l’ESC Pau a développé avec Wichita State University, aux États-Unis, un parcours International entrepreneurship.
En dehors des filières dédiées, les business schools conçoivent des dispositifs innovants, propices aux exercices en condition réelle. C’est le cas de l’ESC Montpellier, qui co-organise cette année le Start-up week-end avec Polytech Montpellier. Une compétition qui permet à des étudiants de tester leur projet de création d’entreprise et de lui donner forme en trois jours, grâce à l’aide de professionnels.

Soutenir les start-up prometteuses

Un autre dispositif se développe également : l’incubateur. Il s’agit d’une structure d’accompagnement aux créations d’entreprise, « une start-up au service de la réussite de projets de start-up », selon la formule de Jean-Michel Ledru. Chaque école apporte sa touche personnelle. L’incubateur de l’EDHEC prévoit ainsi un accompagnement dans la durée, « depuis la genèse de l’idée jusqu’à trois ans après la création, complété par un suivi de deux ans destiné à soutenir les entreprises les plus prometteuses dans leurs démarches de levée de fonds et d’exploration de nouveaux marchés ».
L’ESSEC, pour sa part, s’appuie sur le programme Essec Ventures : 35 partenaires – business angels, juristes, etc. –, qui mettent leur expertise au service des jeunes créateurs. « Après un incubateur, sur le campus de Cergy-Pontoise, et une pépinière sur le site de La Défense, nous allons bientôt inaugurer une structure au cœur de Paris pour accompagner les projets très rapidement matures », détaille Julien Morel, directeur d’ESSEC Ventures. Dans le cadre de leur alliance, Audencia et l’École centrale de Nantes disposent désormais d’un incubateur commun, Symbiose, qui comme son nom l’indique, concerne des projets portés par des élèves ingénieurs et managers. « La trentaine de projets actuellement incubés bénéficie ainsi d’un enrichissement mutuel », estime Franck Vidal, directeur général d’Audencia.

La sensibilisation pour tous les managers

Cette fibre entrepreneuriale, sur laquelle de nombreuses écoles mettent l’accent, n’est pas réservée aux seuls créateurs ou repreneurs d’entreprise. « Notre première mission est de battre en brèche des idées reçues, estime Maxime Jore, enseignant-chercheur en dynamique entrepreneuriale à Novancia Business School. L’entrepreneuriat n’est pas réservé à certains profils et ne se résume pas à la création d’entreprise. »
Pour ce spécialiste, plusieurs actions pédagogiques peuvent contribuer à cette prise de conscience, comme les mises en situation centrées sur la créativité ou contribuant au décentrement – par exemple, la recherche d’analogies avec un exercice réel d’escalade. Autre exemple, le Concours des jeunes pousses mis en œuvre par l’ESDES, qui prévoit le montage de plusieurs projets d’entreprise par les étudiants de 3e année, soumis ensuite à un jury de professionnels.

De l’entrepreneuriat à l’intrapreneuriat

La sensibilisation passe aussi – et même avant tout, pour certains directeurs – par les associations étudiantes. « De véritables entreprises étudiantes », corrige Andrés Atenza, directeur général de l’ISC Paris. L’école en a fait l’élément fondateur de sa pédagogie, dédiant aux 23 entreprises un bâtiment, des ressources et un directeur animant une équipe de trois experts. Si un parcours spécifique est proposé aux étudiants qui dirigent les entreprises, avec formation et évaluation à la clé, l’objectif principal est de sensibiliser TOUS les étudiants à cette culture.

« Cette expérience associative est un accélérateur de maturité et de confiance en soi, qui permet d’acquérir du savoir-faire et du savoir-être utiles dans tous les contextes professionnels, estime Andrés Atenza. Les anciens le confirment en témoignant des bénéfices observés au quotidien, en termes de pragmatisme et de goût du risque. » Une dynamique intrapreneuriale, propre à faire de chaque manager un acteur de l’innovation et du changement.

Publié le 27/05/2013 – Parisetudiant.com – Par G.M

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