Quels sont les métiers les plus demandés en Informatique et Télécom ?

Zoom sur les métiers porteurs sur le marché IT

Selon nos différents intervenants, les postes les plus demandés, aujourd’hui, sont les administrateurs systèmes, les techniciens de maintenance et de support IT, les développeurs (langages java J2EE, .net, C Sharp, PHP) sans oublier les métiers de l’Open Source (voir encadré). Les gestionnaires de projet IT – parlant anglais – sont des postes sur lesquels les recrutements se poursuivent également, mais il est très difficile de trouver les bons profils, reconnaissent les personnes que nous avons interrogées. D’ailleurs, pour ce type de poste, les recruteurs sont très sensibles à la double formation technique et commerciale des candidats. Ce qui est valable un jour ne l’est pas forcément le lendemain, les évolutions dans l’IT sont extrêmement rapides et les besoins en compétences doivent suivre.

Chez Azeo, un prestataire exclusivement spécialisé dans les technologies de Microsoft, on reconnait qu’il est difficile de trouver des compétences. « C’est toujours très tendu autour des technologies SharePoint, même si les choses s’améliorent, il est aussi difficile de trouver des experts autour des nouvelles technologies qui arrivent comme Dynamics et Windows 8 », reconnaît Emmanuel Gauthier cofondateur d’Azeo. Et d’ajouter « nous pouvons aussi compter sur notre partenaire Microsoft qui nous apporte une aide précieuse. Je cite l’exemple du lancement de l’université des talents du numérique et du digital initié par Manpower Group France et Microsoft dont l’objectif est de répondre aux entreprises partenaires de Microsoft de toutes tailles sur les besoins en profils-clé pour les métiers en forte demande ». Pour Pierre Polette, président de Lexsi, un cabinet de consultant spécialisé dans la sécurité IT, il y a une réelle pénurie de candidats dans le domaine de la sécurité IT (gouvernance, analyse des risques, etc.). « Sur notre plan de recrutement de 50 personnes en 2012, nous avons seulement trouvé 35 experts consultants, essentiellement recrutés par des chasseurs de têtes, nous avons des difficultés à embaucher, car les technologies en matière de sécurité sont assez récentes et complexes. De plus, les écoles d’ingénieurs ou le cursus universitaire n’abordent pas assez dans leurs formations les problématiques liées à la sécurité », résume Pierre Polette.

L’e-commerce : un secteur en manque de compétences

Le manque de compétences est également important dans les métiers liés au e-commerce. « Les entreprises spécialisées dans le e-commerce éprouvent des difficultés à recruter des compétences dans la sécurisation des sites, la gestion des transactions, l’analyse du trafic, le référencement, etc. », constate Séverine Saint Hubert de Monster. Faute de formations spécifiques à la fois technique et commerciale, des postes comme trafic manager ou responsable de référencement sont aujourd’hui pourvus pour la majorité des sites de e-commerce par des autodidactes qui allient des connaissances techniques (HTML, JavaScript, réseau..) à un certain sens commercial. Bien sûr, des écoles, de commerce pour l’essentiel, qui ont été les premières à s’attaquer à ce marché, incluent dans leur cursus ces nouveaux métiers de l’Internet, mais ces formations sont encore à affiner, car trop généralistes et sûrement pas assez techniques.

À tel point que des acteurs de l’Internet comme Jacques-Antoine Granjon (vente-privee.com), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic) ont créé en septembre 2011 leur propre école (L’École européenne des métiers de l’Internet) pour former des développeurs, des architectes web, des webmasters, des webmarketeurs ou encore des analystes de trafic pour satisfaire les besoins en recrutement dans le secteur du e-commerce et des agences web. De même, les écoles d’ingénieurs et les universités s’ouvrent de plus en plus à ces nouveaux métiers à l’instar de l’université Pierre Mendès France de Grenoble ou le campus virtuel de Limoges. Selon le site l’Etudiant.fr, le nombre d’écoles dédiées à l’Internet se multiplient avec la création de 4 nouvelles écoles pour la rentrée de septembre 2012 (WebSchoolFactory, SupdeWeb et l’ECITV) dotées de cursus qui courent entre 3 et 5 ans.

Des métiers inédits autour du cloud

Encore plus récent, le cloud computing engendre de nouvelles compétences dont les entreprises auront rapidement besoin. D’ailleurs, l’Union européenne veut créer 2,5 millions d’emplois dans le cloud. Et pour ce faire, l’UE souhaite d’abord normaliser, suite à une série de recommandations, les contrats pour que les entreprises soient plus nombreuses à adopter des solutions dans le cloud. En termes de compétences, le cloud ouvre à des métiers inédits comme des architectes du système d’information, des data scientists ou encore des chefs de projet qui développent des réflexes en termes de gestion de budget et d’organisation. Prenons l’exemple des data scientists, les entreprises font face à un déficit en compétences nécessaires pour exploiter les possibilités qu’offre le croisement des big data avec l’analyse de données. Il faut dire que les opérations à réaliser (chargement de données, extraction, transformation, traitement, etc.) réclament une certaine expertise dans ce domaine. Selon les résultats d’une enquête effectuée par le groupe EMC auprès d’environ 500 data scientists, la majeure partie des entreprises aujourd’hui souffrent de cette carence en compétences. Ainsi, 32 % des personnes interrogées estiment qu’elles manquent de compétences et de formation, 32 % d’entre elles confient un manque de budget ou de ressources, 14 % des entreprises avouent qu’elles n’ont pas une structure organisationnelle adaptée et 10 % des personnes relèvent une pénurie d’outils et de technologie.

Toujours dans le domaine des traitements de données, Hadoop, ce framework Java très tendance aujourd’hui, particulièrement indiqué quand le volume total des données dépasse les capacités des bases de données relationnelles traditionnelles, souffre d’un véritable manque d’expertise, car il dispose d’une implémentation complète de l’algorithme de MapReduce, un langage très complexe à maîtriser… « Je ne suis pas loin du compte si je dis que la France compte seulement une cinquantaine de personnes à maîtriser le langage MapReduce à l’intérieur de Hadoop », nous avait déclaré Fabrice Bonan co-fondateur et directeur R&D chez Talend lors de notre enquête sur le big data réalisée en avril dernier. Quelles sont les écoles en France qui forment aujourd’hui des data scientists ? Car il est fort à parier que la demande de profils spécialisés sera supérieure à l’offre de talents disponibles d’ici 5 ans… Et pour cause, IDC estime qu’en 2020 les départements informatiques du monde entier connaîtront un effectif de professionnels informatiques dédiés à la gestion des données qui sera 1,5 fois supérieur.

Encadré : L’Open Source, un secteur qui a aussi du mal à recruter

« Les compétences dans l’Open Source sont moins courantes que celles liées au monde du logiciel propriétaire. L’Open Source est encore un marché de niche, mais prometteur dans l’avenir » indique Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora qui reproche aussi le manque d’enseignement des logiciels libres dans les différentes formations d’ingénieurs. À ce titre, pour sensibiliser les futurs ingénieurs aux métiers de l’open source, Linagora a parrainé cette année les promotions 2012-2015 de Télécom SudParis et de Télécom École de Management. Pour faire écho à la SSLL Linagora, plusieurs articles publiés par des sites américains prédisent une montée en puissance du besoin en professionnels des langages de programmation Open Source.

Un avis que partage Alexandre Zapolsky qui recherche, notamment avec le gain du marché de « Support Logiciel Libre » du ministère de l’Économie et des Finances, une multitude d’experts dans les domaines du SOA et d’ESB (Petals, Jboss), de l’infrastructure Open Source (Samba, OpenLdap), de la supervision-gestion de parc (Nagios, OCS, GLPI), de l’administration système Linux (ingénieur base de données MySQL-PostgreSQL, ingénieur messagerie open source), du cloud (OpenStack, OBM, Virtualisation) sans oublier des développeurs en PHP et Java. Globalement dans le secteur de l’Open Source, les développeurs de logiciels et les responsables qualité figurent en tête de liste, et parmi ceux-ci, on trouve également les professionnels de Python, Ruby on Rails, Android et JBoss. De même, pour Android sur Linux, les offres d’emploi auraient augmenté de 33 % au cours de l’année dernière, précise le site d’emploi IT Dice (http://media.dice.com/report/october-2012-all-time-highs/).

Publié le 02/11/2012 – Lemondeinformatique.fr – Par La Rédaction

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  1. rédaction web

    Merci pour ce billet!
    En tout cas, ces dernières années ont vues naître beaucoup de métiers dans le domaine de l’informatique et de la télécommunication!

  2. Laure

    Merci pour ce très bel article. Il y avait plein de choses que je ne connaissais pas et je tiens à féliciter l’auteur car c’est en lisant ce genre de d’artcile que l’on comprend toute l’utilité des blogs.

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