Qu’est-ce qu’un VIE (Volontariat International à l’Etranger) ?

Le Volontariat International en Entreprise (VIE) est un excellent tremplin vers l’emploi pour les jeunes Français. Il permet d’obtenir une expérience professionnelle au sein d’une entreprise française basée à l’étranger. Afin de mieux comprendre ce programme, entretien avec Michel Lodolo, directeur du VIE chez Ubifrance.

Quel est le principe du Volontariat International en Entreprise (VIE)?

Le Volontariat International en Entreprise est un statut public français institué par la loi du 14 mars 2000. Il permet à tout jeune Français ou ressortissant de l’Espace Économique Européen, âgé de 18 à 28 ans, de réaliser une mission à l’international pour le compte d’une entreprise française. Le VIE concerne tous les niveaux de formation. La mission peut durer de 6 à 24 mois, avec une moyenne de 18 mois. C’est Ubifrance qui se charge de signer un contrat avec le jeune et l’entreprise d’accueil. Il n’y a pas de lien contractuel direct entre les deux parties. Le Volontariat International en Entreprise peut s’apparenter à une formation professionnelle.

Quelles sont les destinations les plus prisées ?

Parmi les 130 pays dans lesquels il est possible de partir en VIE, la première destination est l’Allemagne, notre premier partenaire économique. On trouve ensuite le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Chine et Hong Kong ou encore la Belgique. Ces pays concentrent 40 % du nombre total de VIE.

Y a-t-il des pays difficiles d’accès ?

L’obtention du visa est très long au Brésil, plus de cinq mois. Et la mission ne peut dépasser un an. Par ailleurs, une PME mature, souhaitant s’exporter à l’étranger, ne peut pas envoyer un VIE si elle ne détient pas une filiale au Brésil. De son côté, la Chine n’accueille que des jeunes dotés d’une expérience professionnelle d’au moins deux ans et l’Inde se limite à 50 VIE par an.

Faut-il nécessairement parler la langue pour aller dans le pays souhaité ?

Dans un grand groupe, cela peut ne pas poser de problèmes car l’anglais est généralement parlé. Mais attention, nous n’envoyons pas les VIE pour qu’ils apprennent la langue. D’autant plus que la concurrence est rude. En moyenne, huit candidats postulent à une même offre. A l’inverse, nous éprouvons beaucoup de difficultés à trouver des jeunes qui parlent le russe. Il y a actuellement moins de 100 volontaires en Russie.

Dans quels secteurs retrouve-t-on le plus de VIE ?

Quatre secteurs font souvent appel à des VIE : la finance, l’automobile, les services (télécoms…), l’industrie pharmaceutique. Ils concentrent plus de 30 % de l’ensemble des VIE. On peut également citer le secteur de l’aéronautique et du spatial qui compte plus de 230 volontaires.

Quel est le taux d’embauche après avoir effectué un VIE ?

Dans une enquête que nous avons réalisée auprès de 1 200 anciens volontaires, le taux d’embauche est de 94 % en sortie de mission, 75% d’entre eux ont décrochés un CDI en moins de quatre mois, dont 60 % dans leur entreprise d’accueil. Certains souhaitent une nouvelle expérience et se permettent de refuser la proposition d’embauche de leur employeur. D’autres trouvent un meilleur contrat ailleurs.

Quel est le montant de l’indemnité ?

Chaque VIE dispose d’une indemnité fixe de 713,07 €. Le Ministère des affaires étrangères détermine ensuite le reste, qui comprend l’éloignement, le taux de change et les conditions de vie. Par exemple, un volontaire obtiendra à New York un salaire total de plus de 3 000 € tandis qu’en Tunisie, il touchera 1 300 €. La fourchette est large. D’autres conditions s’ajoutent suivant le pays et le contexte géopolitique.

Quels sont les grands avantages du VI ?

Il permet de tester le futur collaborateur sur le terrain. Ces jeunes vont avoir des responsabilités et apprendre à évoluer au sein de la société. C’est aussi un véritable booster de carrière. Un jeune qui dispose d’un diplôme avec deux ans d’expérience à l’étranger augmente considérablement ses chances de décrocher un emploi et dans de meilleures conditions. Ainsi, il aura plus de responsabilités et un meilleur salaire. Notons également que 40 % des managers français ont été volontaires. Le VIE forme les cadres de demain.

Quelles sont les démarches à suivre ?

Le postulant doit se rendre sur Civiweb.com pour candidater. Tous les VIE doivent passer par le site afin d’y être « référencés ». Cela nous permet de repérer et de sélectionner des candidats potentiels pour les entreprises à la recherche de volontaires. Nos équipes sont parfois amenées à recalibrer les CV, afin de donner toutes leurs chances aux candidats. Autrement, les candidats peuvent également se rendre sur le site web des grands groupes. Ils postent leurs offres VIE dans leur rubrique « carrière ».

Comment bien se préparer pour décrocher un VI ?

Il faut bien définir son projet et envie d’aller à l’international. La culture diffère à l’étranger et cela nécessite un vrai sens de l’adaptation. De plus, la mission de volontariat se fait généralement dans une petite structure et le jeune aura donc plus de responsabilités. Il faut être ouvert et ne pas se focaliser sur une seule destination en particulier, même si le jeune ne peut effectuer qu’un seul VIE. Parler une langue étrangère reste évidemment la condition sine qua non pour décrocher une mission.

Publié sur Jeunedip.com – Par Raphaël Didio

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  1. Japply

    Il faut être conscient qu’il est également possible d’obtenir un VIE grâce à des candidatures spontanées.

  2. oriane.martin

    C’est vrai. En réalité il semblerait que tout se fasse déjà en interne auprès des entreprises qui demandent à leurs candidats de postuler depuis Civiweb. Beaucoup plus simple. Pratique déloyale mais qui existe dans certains groupes français.

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