Vie quotidienne au bureau : Quid des codes vestimentaires dans le monde professionnel ?

Les codes vestimentaires sont-ils en vigueur dans le monde de l’entreprise ?

Agnès CECCARELLI,professeur à l’ICN de Metz et enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine : « Oui, en sachant que le code vestimentaire est élargi à l’hygiène corporelle, aux attributs, aux cheveux, aux attitudes, au langage. Dans la banque par exemple, il y a le vêtement mais aussi la façon de se tenir, de parler, le ton de la voix… »
Ces codes sont-ils déterminants dès l’embauche ?
« Oui, même si un vêtement ne peut être invoqué comme un motif de non-embauche, un tel critère est discriminant. Le principe est établi, même si l’on sait bien que le recruteur peut facilement contourner l’obstacle et trouver d’autres arguments. »
Les codes vestimentaires figurent-ils dans les règlements intérieurs ?
« En France, on est dans le tacite, le non-dit. Nous ne sommes pas laxistes mais nous sommes flous. Les gens sont censés comprendre les règles par eux-mêmes. Dans d’autres pays, c’est différent. UBS en Suisse, par exemple, a pondu 42 pages rien que sur le dress-code. Tout est contrôlé : la couleur des vêtements, des sous-vêtements, le parfum, ne pas porter un vêtement deux jours de suite… C’est hallucinant. »
En France, rien de tout cela ?
« Rien n’est écrit de façon formelle, le salarié doit comprendre tout seul, mais des messages sur ce qui se fait ou ne se fait pas sont délivrés lors de formations par exemple. Le raisonnement est d’estimer que celui qui n’a pas compris comment il devait s’habiller n’a rien compris au métier. On lie l’esthétique à l’éthique ».
Des secteurs d’activités sont-ils plus exposés ?
« La banque, l’assurance… Où les valeurs fondamentales véhiculées sont la confiance et le sérieux, on ne plaisante pas avec l’argent alors on s’habille dans le classicisme et la sobriété des couleurs. Mais casser les codes, c’est aussi un code. Chez Google, les créatifs sont tous en short et en tongs. »
La pression de l’apparence est-elle plus forte chez l’homme ou la femme en entreprise ?
« Les codes sont plus forts chez les hommes car ils ont un choix de vêtements plus limité. Les femmes ont plus de possibilités de détourner les codes. Mais plus elles sont sexuées, moins on leur attribuera de compétences, c’est ainsi. La femme de pouvoir est dans les codes masculins ».
Peut-on être licencié pour non-respect du dress code ?
« J’ai trois exemples en tête : un livreur avec une croix gammée tatouée sur le bras et qui refusait de la dissimuler, une femme qui travaillait avec un chemisier transparent sans rien en dessous et un agent immobilier qui faisait visiter les appartements le samedi en bermuda et en baskets. Les cas sont laissés à l’appréciation des juges qui estiment oui ou non si la situation est pénalisante pour l’entreprise ».
Comment cela se passe-t-il au Luxembourg ?
« Il existe des chartes très strictes dans les entreprises. Le salarié qui ne suit pas les règles vestimentaires prend la porte. Dans les banques, les assurances, la finance, c’est très strict, on est tout proche de l’uniforme. »

Publié le 16/06/2013 – republicain-lorrain.fr – Par P.R

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