En Belgique, internet engendrerait plus de 20 000 emplois

Entre l’explosion du trafic internet et l’émergence des tablettes et mobiles, les métiers du numérique sont promis à un bel avenir. Le vivier d’emplois directs en Belgique est impressionnant. Mais, pour cela, des politiques publiques plus incitatives sont nécessaires.

Internet pourrait créer plus de 20 000 emplois en Belgique, selon une étude d’Email Brokers réalisée en exclusivité pour Références. Selon les estimations de la société spécialisée dans les bases de données, la Belgique est encore à la traîne dans l’utilisation d’internet en entreprise, par rapport à ses voisins européens. L’enquête d’Email Brokers met en lumière un « paradoxe belge » : alors que notre pays figure dans le peloton de tête des pays enregistrant le plus de sites internet professionnels, l’e-commerce ne pèse que 2,4 % du PIB belge. Il devrait représenter, si l’on prend une estimation basse, 6 % du PIB, explique William Vande Wiele, fondateur d’Email Brokers. Il y a un potentiel de croissance et d’emplois considérable. En Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède ou encore au Royaume-Uni, internet représente en effet entre 6 % et 9 % du PIB. Ces points de croissance correspondraient à la création de 20 000 emplois.

Internet Manager, un poste-clé
Le cœur de l’économie numérique en Belgique comme ailleurs (80 % en moyenne dans les pays de l’OCDE) est dominé par les services. Mais ces emplois irrigueraient toute l’économie. Aujourd’hui, internet est aussi important que l’énergie. Il peut dynamiser tous les secteurs, y compris le primaire, note William Vande Wiele. Mais il faut absolument repenser les politiques publiques. Tous les pays européens mettent en place des politiques incitatives pour le secteur, pas la Belgique. Selon le fondateur d’Email Brokers, les efforts devraient porter sur l’éducation et la reconversion des seniors, avec des programmes ambitieux de formation dès le secondaire et de formation continue.

Alors qu’ils sont biberonnés aux nouvelles technologies, les jeunes se tournent peu vers les métiers du numérique, souvent par méconnaissance. Le changement est donc aussi culturel : alors qu’ailleurs en Europe, la fonction d’Internet Manager permet d’évangéliser au sein des entreprises, elle est peu présente en Belgique. Cette fonction va devenir critique dans les années à venir, souligne William Vande Wiele, fondateur d’Email Brokers. Aujourd’hui, il est devenu suicidaire pour une entreprise de ne pas avoir de présence sur le web. Plutôt que de passer par une agence externe, les sociétés ont tout intérêt à embaucher un nouveau collaborateur, capable de dynamiser leur site, d’améliorer le référencement sur les moteurs de recherche ou de gérer les médias sociaux. Cela leur reviendra moins cher et se révélera beaucoup plus efficace. Or, la fonction d’Internet Manager n’existe presque pas en Belgique, alors qu’elle est beaucoup plus répandue aux Pays-Bas ou en Allemagne.

Profils rares
Un rapport de la Commission européenne indique que pour chaque emploi détruit dans l’économie traditionnelle, 2,6 emplois sont créés dans l’économie numérique. Loin de l’eldorado escompté, les entreprises éprouvent de grandes difficultés à trouver des personnes qualifiées. Parmi les métiers phares du web, celui de développeur d’applications pour tablettes et smartphones est en plein essor. Mais les réseaux sociaux suivent de près. Des sociétés comme Google ou Facebook ne sont pas de grandes pourvoyeuses d’emplois, remarque William Vande Wiele. En revanche, nombre de PME et de startups belges ont besoin de visibilité. Plutôt que de souligner la faible présence des entreprises belges sur les réseaux sociaux, William Vande Wiele préfère mettre en avant la forte croissance du nombre de sociétés belges actives sur Facebook ou Twitter. En un an, la progression a été de 108 %. C’est énorme. Il faut laisser le temps. On est encore un peu loin, mais ça bouge, estime-t-il. L’e-commerce, aussi, représente de nouvelles mannes d’emploi. Pas seulement pour les profils informatiques. De nouveaux cyberacteurs, sites d’achats groupés et de cashback rivalisent d’imagination pour élaborer de nouvelles pratiques de consommation correspondant aux attentes des consommateurs à la recherche de bonnes affaires. Déstockage, ventes événementielles, achat d’occasion, troc, locations, achats groupés ou comparateurs de prix sont de nouveaux modèles économiques s’appuyant sur des stratégies marketing originales. Autant de perches tendues aux Traffic Managers, chargés de référencement, et aux Category Managers.

86 %
C’est, selon l’étude réalisée par Email Brokers, le nombre de sites belges professionnels qui n’ont plus été mis à jour depuis un an. C’est un « record » en Europe.

90 %
C’est, en Belgique, le volume de sites web qui ne respectent pas les prescrits légaux en matière d’information au visiteur (nom de la société, adresse, numéro d’entreprise, de TVA, etc.). Par comparaison, la France compte 26 % de sites illégaux et le Luxembourg 17 %.

6 %
des sites web belges sont conçus pour le paiement en ligne. Raison pour laquelle l’e-commerce accuse toujours un certain retard en Belgique. A contrario, 9 % des sites web allemands et hollandais, ainsi que 16 % des sites web britanniques ont une application transactionnelle.

2,4 %
des entreprises belges font un usage professionnel des médias sociaux, qui permettent de dialoguer avec le consommateur et de l’inciter à l’achat. Une fois de plus, c’est le Royaume-Uni qui performe le mieux en la matière, avec 6 % d’entreprises qui utilisent ces outils.

50 000 €
C’est le salaire annuel brut d’un Internet Manager. Si la fonction reste encore peu répandue, elle est amenée à se développer au sein des entreprises qui veulent asseoir leur positionnement sur le web.

45 000 €
Un Traffic Manager, dont la mission consiste à développer l’audience de l’entreprise, touchera entre 28 000 € et 30 000 € (pour un junior) et entre 35 000 € et 45 000 € (pour un expert).

40 000 €
Le chargé de référencement (SEO, SEM) gagne annuellement entre 28 000 € et 30 000 € s’il est junior, et entre 35 000 € et 40 000 € s’il est expert.

35 000 €
Le Category Manager et le responsable trade marketing, deux fonctions que l’on retrouve dans la grande consommation, sont au même régime, avec une rémunération minimum de 35 000 €, et maximum de 55 000 €.

Publié le 18/01/2013 – References.be – Par La Rédcation

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