Les jeunes 20/30 ans recherchent prioritairement la stabilité dans leur job

Des 20-30 ans anxieux qui cherchent un job stable, fuient les responsabilités et préfèrent leurs amis et leur famille à leur travail : voilà le portrait des jeunes actifs européens scannés par la Cegos.

Faut-il s’en inquiéter ? Les jeunes Français de moins de 30 ans accordent dans leur vie plus d’importance à leurs amis qu’à leur travail. L’observatoire Cegos qui rend public aujourd’hui les résultats de sa grande étude européenne auprès de 3000 actifs de 20/30 ans dans cinq pays européens (Allemagne, France, Espagne, Italie, Royaume-Uni) note qu’il s’agit là d’une exception hexagonale. Partout ailleurs, les jeunes placent tous la famille au premier rang (86%), le travail occupant la seconde position (59%) devant les amis (50%), l’argent (32%) ou les loisirs (29%).

Entrepreneurs s’abstenir

Si les 20/30 ans travaillent avant tout pour gagner leur vie (83% en Europe et 93% en France), ils exercent aussi un métier afin de se réaliser (à 53%) et seuls 48% y voient le moyen de développer leurs compétences. Leur appétence pour la création d’entreprise reste limitée (32%), les britanniques (35%) et surtout les italiens (47%) restant plus attirés par l’aventure que les allemands (27%) et les Français (22%). Le poste idéal ? Dans un grand groupe (59% versus 31% pour les PME) et plutôt dans le secteur privé (59%) que dans le public (49%) ou le secteur associatif (23%)…sans doute l’effet « valeur sûre» du grand groupe à forte visibilité sur un CV.
Car la réalité reste néanmoins assez sombre et confirme le taux de chômage des jeunes : seuls 39% ont pu bénéficier d’un CDI pour leur premier poste. Avec de fortes disparités selon les pays : c’est au Royaume-Uni que les emplois permanents de type CDI sont les plus nombreux pour les jeunes embauchés (62%) alors que les Français signent surtout des CDD (38% versus 28% en moyenne dans les 5 pays étudiés). Quant aux Espagnols, c’est souvent par l’Intérim qu’ils entrent sur le marché du travail (29% versus 14% en moyenne ailleurs).

Sécurité de l’emploi désirée

On ne s’étonnera donc pas de constater que la stabilité de l’emploi et les conditions de travail sont au cœur des préoccupations des jeunes européens. En France, ces deux aspects ont pris beaucoup d’importance avec la crise : la stabilité de l’emploi passe de la 8ème à la 1ere position par rapport à la même enquête menée en 2009, rétrogradant de la première à la deuxième place le niveau de rémunération, soit – 23 points par rapport à 2009 ! D’ailleurs, plus de deux tiers des jeunes Français estiment qu’ils ne quitteront pas l’entreprise si elle répond à leurs attentes…désir de rester à l’abri, oblige ! Alors que tout de même 50% des 20/30 ans des autres pays envisagent de quitter leur entreprise actuelle dans les 3 ans à venir, même si celle-ci répond à leurs attentes et leur permet de se développer. Sans doute aussi une forme d’agilité commandée par les stratégies de carrières qu’on leur a seriné pendant leurs études ? Toujours est-il qu’en matière de responsabilités ils ne sont pas très désireux de devenir manager : seuls 15% des jeunes et 21% des cadres aspirent à prendre des responsabilités managériales dans les 3 ans à venir. « Pour beaucoup de jeunes actifs, le statut de manager a perdu de sa superbe : trop de contraintes (charge de travail, stress, poids des responsabilités) et une marge de manoeuvre faible…alors même que l’équilibre vie privée/vie professionnelle est une priorité pour cette génération », analyse Virginie Loye, responsable des formations RH chez Cegos. Encore une preuve que cette fameuse génération « Y » a du mal à trouver sa place dans l’entreprise…à moins que ce ne soit plutôt l’entreprise qui peine à lui faire la place qui lui revient…

Publié le 03 octobre 2012 – latribune.fr – Sophie Péters

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