Secteur énergie & environnement : les entreprises modifient leurs habitudes de recrutement

Passerelles entre secteurs, création de cursus diplômants… Malgré les efforts des entreprises et des établissements de formation, certains profils d’ingénieurs chevronnés sont toujours aussi pénuriques dans les filières de l’énergie et de l’environnement.

Trop exigeants les recruteurs des secteurs de l’énergie et de l’environnement ? Depuis plusieurs années, ces deux filières sont en proie à une importante pénurie d’ingénieurs expérimentés et spécialisés. « Les experts en construction métallique ainsi que les ingénieurs en génie climatique, électrique et civil sont rares sur le marché de l’emploi », confirme Anthony Hamon, directeur associé du cabinet Human Energies.

Une pénurie généralisée

Contrairement aux autres branches industrielles, ce ne sont pas uniquement les PME qui sont impactées par ce déficit de compétences. Les grands groupes peinent, eux aussi, à attirer dans leurs rangs ces cadres spécialisés. « Les ingénieurs en génie civil arrivant sur le marché de l’emploi pensent en priorité au secteur du BTP, non à celui de l’énergie. Pourtant, nous recherchons ces profils pour la construction de barrages hydrauliques ou dans le cadre de fondations d’EPR », illustre Florence Cordier, responsable marque employeur et recrutement du groupe EDF. La pénurie d’ingénieurs chevronnés est d’autant plus préoccupante que les entreprises ne peuvent actuellement pas se permettre de se tourner vers des jeunes diplômés pour compenser ce déficit de compétences. « Les marchés sont tellement difficiles à obtenir qu’elles préfèrent ne pas prendre de risques et recruter des expérimentés », constateAnthony Hamon. Et pour ne rien arranger, cette pénurie est aggravée par la mondialisation du marché dans la mesure où les ingénieurs français s’exportent plutôt bien à l’international.

La formation encouragée

Pour ne pas que cette pénurie d’ingénieurs vienne freiner leur développement, les entreprises du secteur de l’environnement et de l’énergie modifient leurs habitudes de recrutement. « Les grands groupes s’ouvrent de plus en plus aux profils issus des autres secteurs d’activité. Notamment ceux provenant de la filière des travaux publics, relativement proche », constate Anthony Hamon.Le groupe EDF opte, quant à lui, pour une autre stratégie. « Comme il y a peu de spécialistes en nucléaire, nous recrutons des ingénieurs généralistes, nous les formons à nos métiers et nous leur apprenons la culture de la sûreté nucléaire », explique Florence Cordier. Une stratégie intéressante mais qui a ses limites, selon Anthony Hamon. « Seuls les grands groupes peuvent se permettre de recruter des profils qui ne sont pas immédiatement opérationnels », estime-t-il. D’autres entreprises agissent à la source en créant, en partenariat avec des universités et des grandes écoles, des cursus de formation diplômants. C’est le cas d’Areva, d’EDF et de GDF Suez qui ont lancé, en 2008, le Master « Énergie nucléaire », aujourd’hui dispensé à l’Université Paris-Sud, à Orsay.

Publié le 27/05/2013 – Cadremploi.fr – Par Aurélie Tachot

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