Recrutement : Piston or not piston ?

Qui n’a pas déjà rêvé de décrocher un emploi/stage/job d’été sans faire le moindre effort ? Eh bien, le piston peut être un bon point de départ ! Néanmoins, cette pratique répandue est aujourd’hui encore controversée. Nous aurons tous affaire au piston, de près ou de loin, au moins une fois dans notre vie. Que ce soit pour aider notre cousin à trouver un stage, pour soutenir la candidature de notre copine à un poste qui se libère dans l’entreprise où nous travaillons ou tout simplement pour décrocher un job d’été grâce au réseau de notre père. À noter que selon Keycoopt, seules 30 % des offres d’emploi sont diffusées et accessibles de tous. Les autres 70 % regroupent notamment le réseau professionnel ou privé. Il est difficile de trouver des chiffres précis concernant le piston puisqu’il s’agit encore d’un thème tabou. Voici notre article haut en piston :

Histoire du piston
L’expression « pistonner » vient du terme « piston », étant une pièce présente dans les moteurs, qui a pour fonction de pousser. Au sens figuré, le piston fait référence à l’obtention d’un poste, stage ou autre grâce à un réseau de connaissances et notamment grâce à quelqu’un qui nous « pousse vers le haut », professionnellement parlant. Il s’agit donc d’avoir dans son entourage une personne influente qui soutiendra notre candidature. Avant l’ère moderne, le piston était monnaie courante puisqu’il était normal de travailler avec sa famille.
Puis, dans notre époque contemporaine, le piston a commencé à être mal perçu. Aujourd’hui, cette technique de recrutement est même devenue plus subtile. Par exemple, au lieu d’un « Tiens, mon filleul cherche un job d’été. Je te donne son numéro ? » au RH ou à votre boss, il suffit de transmettre à votre proche la bonne information au bon moment : « J’ai entendu que mon patron cherchait quelqu’un pour aider durant les prochaines vacances. Tu pourrais envoyer un CV à cette adresse mail. Mais chut, je ne t’ai rien dit 😉 ». Et voilà ! Un piston camouflé.

Piston : toujours tabou ?
Aujourd’hui, cette technique pistonnée est encore mal perçue par la plupart des personnes. Quelqu’un qui décroche un poste ou un stage grâce à son réseau de connaissances devra faire deux fois plus ses preuves, puisque sa légitimité sera constamment remise en question. En effet, le cliché est de croire que l’entourage a primé sur les compétences et la qualification, par exemple. Bien évidemment, cela peut être le cas, ou non. Parfois, une personne peut se révéler adaptée et qualifiée pour un poste, mais elle n’avait besoin que d’un petit coup de pouce pour y accéder. L’inverse peut également se produire et une personne pistonnée peut se révéler être totalement inadaptée au poste attitré.
De plus, le piston peut ajouter une charge supplémentaire pour le pistonné. En effet, la plupart du temps il s’agit d’une personne proche (famille ou ami) qui pistonne ou appuie la candidature. La peur de décevoir ou d’entacher le nom et la réputation de ce proche, qui se porte donc garant, au sein de l’entreprise ajoute une pression additionnelle pour la personne pistonnée.

Quels postes et secteurs touchés ?
Selon une étude de Sky Prods, 84 % des Français considèrent que les milieux dits exclusif et plutôt fermés sont plus enclins à avoir recours au piston comme le luxe, la politique, le cinéma et l’audiovisuel, la direction des entreprises du CAC 40, etc.
Concernant les postes les plus touchés, le piston peut faciliter l’obtention d’un stage, d’un job d’été ou l’accès à un premier emploi, représentant ainsi des positions à responsabilité moindre qui ne représentent que peu voire pas de risques pour l’entreprise.
Contrairement aux idées reçues, cette technique de recrutement tend au contraire à disparaître pour les postes hautement rémunérés ou à haute responsabilité et permet ainsi d’éviter tout lien affectif pouvant causer des problèmes au sein d’une équipe.

Aspects négatifs du piston :
– Manque de diversité au sein de l’entreprise : personnes se partageant un même réseau,
– Méritocratie bafouée : deux personnes qualifiées ne seront pas à chance égale d’accéder à un même poste uniquement à cause de leurs contacts,
– Absence de « fierté » à trouver par soi-même,
– Légitimité remise en question aux yeux des collègues voire tensions dans l’entreprise,
– Image de favoritisme collant à la peau,
– Charge supplémentaire de stress et peur de décevoir le garant.

Aspects positifs du piston :
– Accès à des milieux exclusifs,
– Obtention d’un nouveau poste au sein d’une même entreprise,
– Aider des jeunes manquant d’expérience professionnelle à décrocher un premier poste, un stage, un job étudiant ou un job d’été
– Rapidité et facilité à envoyer une candidature à la « bonne personne »,
– Sentiment valorisant de donner un « coup de pouce » à quelqu’un dans le besoin,
– Économie sur les coûts de recrutement.

Alors, que pensez-vous du piston ? Avez-vous une expérience avec le piston que vous souhaitez partager ? N’hésitez pas à nous faire parvenir votre témoignage !

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