Vie de bureau : le flirt est-il un tabou ?

En saison d’été, la tendance est au flirt dans les open space, en pleine période des congés collectifs, les bureaux se vident, et des heures passées seul au travail avec un collègue ayant les mêmes occupations peuvent favoriser la proximité et le rapprochement.

 

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Mélanger vie privée et vie professionnelle peut être à double tranchant. En effet, une sphère peut alors empiéter sur l’autre voire créer une totale confusion pour soi et entourage, notamment ses collègues.

Pourtant en y regardant de plus près, le flirt n’est pas un phénomène marginal. Toute une littérature articulée entre sondages et publications est consacrée au sujet.

 

Les chiffres en France, en Europe et aux Etats-Unis

Selon un sondage OpinionWay pour les éditions Tissot dévoilé par le journal La Tribune, « un Français sur trois flirte (ou plus) au bureau », en réalité ce serait plus d’un couple sur trois qui se formerait au travail dans l’Hexagone.

38% des Français avouent avoir eu au moins une relation au bureau, et dans 36% des cas, le flirt irait même plus loin, puisque ces collègues finissent même par se marier ou vivre ensemble / en l’occurrence jusqu’à la vie maritale ou bien jusqu’au mariage. Ces chiffres seraient en phase avec ceux de la moyenne européenne révélés par Le Monde : 30% des couples européens se formeraient au travail.

Outre Atlantique, en revanche, Capital.fr nous informait en 2013 que 50% des Américains avouaient aller plus loin avec un collègue et ce pour 17% d’entre eux de façon régulière !

 

Hommes, femmes, qui sont les plus entreprenants ?

Selon le sondage eDarling réalisé auprès de 1 790 internautes, on distingue une nette différence entre hommes et femmes quant au fait d’en parler et de passer à l’action. Ce sont les hommes qui en parleraient le plus, soit 72,6% d’entre eux, contre 61% chez les femmes. Côté action, les hommes ne seraient que 38,9% à se lancer, contre 41,8% des femmes.

 

Flirter au bureau serait gage de productivité

Apprécier quelqu’un et se sentir heureux serait bon pour la productivité au travail selon Christophe Massin, psychiatre et auteur de “Souffrir ou aimer : transformer l’émotion’’. Plus les gens se sentent heureux, plus ils auraient confiance en eux. Qu’ils veuillent séduire une personne ou bien espérer passer plus de temps avec elle, les salariés n’hésitent pas à quitter plus tard le travail, ce qui en même temps permet de faire croire au patron de la volonté de ne pas forcement partir à l’heure pour finir une tâche…

Selon Loïk Roche, auteur de « Cupidon au travail », le potentiel de séduction serait même décuplé pour des managers à responsabilité, des RH ou encore des consultants.

 

Et côté légal ?

Le flirt en entreprise n’est pas interdit selon la loi Auroux de 1982 et ce, à condition bien sûr de le faire hors du temps de travail.

Les relations sont autorisées dans la mesure où la discrétion est de rigueur. Attention toutefois à ne pas tout mélanger : au travail les employés jouent souvent un rôle, ils s’expriment et s’habillent de façon différente. In fine, ils ne montrent que ce qu’ils veulent bien montrer.

En bref, pour éviter les ragots et les bruits de couloirs et surtout pour éviter que cela ne vienne à l’oreille d’un manager, il vaut donc mieux la jouer discret pour ne pas risquer une mauvaise réputation ou pire une sanction. A bon entendeur…