Certains jeunes sont attirés par l’entreprenariat

Belgique – Certains jeunes choisissent de lancer leur propre entreprise, une fois leur diplôme en poche. En solo ou en groupe, ils entrent dans le monde du travail via la concrétisation d’une idée, d’un projet personnel. Mais pour se lancer, il faut, avant toute chose, se poser les bonnes questions. 

« Lorsque j’ai lancé ma boîte, je sortais à peine de mes études. » Alexis, 26 ans, le reconnaît : il avait peu d’expérience quand il a débuté dans le monde de l’entreprise. Mais il avait déjà un pied dans le monde de l’entreprenariat, puisque, étudiant, il présidait déjà une Junior Entreprise – dans son cas, une boîte de consultance créée exclusivement par des étudiants. Il a enchaîné les prix européens, les partenariats avec des grandes entreprises et des projets à succès. De ces différentes expériences, ce sont développés son désir d’entreprendre et son envie de créer un projet. Alexis s’est entêté, jusqu’à lancer List Minut. Vous connaissez ? Il s’agit d’une plate-forme en ligne qui permet à Mr Tout-le-monde de se défaire de ses tâches quotidiennes, contre une rémunération. Dépannage informatique, baby-sitting, tâches ménagères, cours particulier, etc. : les particuliers encodent leur demande et choisissent l’offre qui leur convient le mieux.

« List Minut est né suite à notre mémoire universitaire », raconte Alexis. « Nous étions quatre étudiants sur le projet. » Le quatuor avait refusé de se soumettre au « discours traditionnel des bancs de l’école », à savoir l’audit, la finance et la consultance. Alexis voulait créer, mettre en pratique les théories emmagasinées durant des années. Il voulait se lancer, et c’est ce qu’il a fait.

Les quatre étudiants ont basé leurs recherches sur un concept né aux Etats-Unis, à savoir une plateforme d’économie participative. Ils ont voulu être les premiers à importer ce concept sur le continent européen. La première version de leur site a été lancée en aout 2012. Une version « beta » a suivi, en octobre. En février 2013, l’entreprise voyait le jour au sens juridique du terme, et la version officielle de List Munut sortait en mars de la même année.

“J’ai dû tout apprendre par moi-même”

« Lorsque nous avons signé la création de l’entreprise, les caméras de la RTBF étaient présentes, se souvient Alexis. C’était franchement électrisant ! Nous sommes passés quelques minutes dans les journaux télévisés de la RTBF et de la VRT, et la pression est montée d’un cran. Il fallait s’assurer que le site internet tienne le coup durant la diffusion du reportage, parce que nous avons enregistré plus de 6500 visites simultanées ! » Près d’un an après le lancement officiel de leur start-up, Alexis peut tirer les premières conclusions. « Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai dû tout apprendre par moi-même. Développer mes propres compétences et découvrir, à petits pas, le chemin que j’empruntais ». Avec un peu de recul, il a pris conscience de ses erreurs, des mauvais choix qu’il a commis et des formations qu’il aurait dû entreprendre pour l’aider dans son projet. « On apprend toujours de ses erreurs, conclut-il. Il faut simplement savoir se remettre en question et aller de l’avant. »

 Alexis Safarikas, jeune entrepreneur de 26 ans, s’est battu pour lancer son projet List Minut.

Comme Alexis, certains jeunes connaissent le succès grâce à un projet de fin d’études. A en croire ses dires, les jeunes sont nombreux à se lancer à l’aveugle dans le monde de l’entreprise, entre l’un et l’autre cours, grâce à l’un et l’autre sponsor. D’après le site « letudaint.fr », un jeune sur quatre envisagerait de monter sa propre boîte. Mais d’après les témoignages que nous avons pu récolter, certains de ces jeunes entrepreneurs constatent qu’ils sont peu préparés au monde du travail, et s’interrogent : « par où commencer ? », « mon projet est-il bon ? », « où m’informer ? », « qui contacter ? », etc. Ces questions constituent, selon Philippe Hayat, le président de l’association 100.000 entrepreneurs, et Aïni Hannachi, la responsable de l’OPPE (Observatoire des pratiques pédagogiques en entrepreneuriat), les véritables bases d’un bon projet.

Pour Philippe Hayat, « il n’y a pas de moment idéal pour se lancer. Plus que le bon moment, c’est le bon projet qui importe ». D’après lui, de plus en plus d’étudiants cherchent à lancer leur propre entreprise, mais peu développent précisément l’idée qu’ils veulent mettre en oeuvre. Ils voueraient davantage un culte pour l’entreprenariat spontané qu’au désir de concrétiser un projet. Selon Aïni Hannachi, « c’est le marché qui dicte si l’idée est viable ou ne l’est pas ». L’étudiant aurait tendance à porter plus d’intérêt au business plan (plan de financement) qu’à l’étude de marché qui, selon elle, constitue la première étape de tout lancement de projet.

S’entourer de personnes compétentes

Mais par où faut-il commencer ? Aïni Hannachi affirme que « le plus important est de savoir chercher les informations utiles et être capable de trouver des personnes compétentes et susceptibles de nous aider ». Le web, par exemple, offre mille et une astuces pour s’informer, trouver des contacts, découvrir les expériences d’autres jeunes entrepreneurs. Cet aspect « informationnel » est, selon Aïni Hannachi, souvent négligé par l’étudiant. Le désir de lancer à tout prix un business détourne le jeune entrepreneur des clés qui permettent le lancement du projet.

Alexis Safarikas fait partie des jeunes qui ont connu le succès dès leur premier projet. Mais, il admet que les contacts et les compétences personnelles sont primordiaux pour qu’une vague idée devienne un projet concret. D’après lui, son succès n’est pas le fruit du hasard. Avec un master en création d’entreprises, il a pu se renseigner et travailler sur son entreprise sans  négliger les aspects pratiques, juridiques et stratégiques de son projet. Rien ne serait laissé au hasard.

Publié le 09/03/2014 – LeSoir.be – Par Catarina Letor

Bientôt le retour des soirées de recrutement « Plug and Work » destinées aux jeunes diplômés. Infos et inscription sur : http://www.plugnwork.fr/

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.