Comment chercher un job 
sans inquiéter ni votre boss ni votre équipe

 

 

L’enjeu : agir sans 
ruiner sa réputation. La clé : rester discret… et impliqué à 100%.

 

Agenda partagé verrouillé deux jours de suite pour que ses collaborateurs n’y aient pas accès, porte de bureau fréquemment close, écran d’ordinateur brusquement fermé lorsque quelqu’un s’approchait de lui… En tentant de dissimuler sa recherche d’emploi, ce spécialiste des relations sociales a surtout réussi à semer les indices. Preuve que pour les cadres en poste, il n’est pas facile de prospecter sans se faire pincer. Avec des conséquences parfois désastreuses : perte de confiance du patron, projets retirés, augmentation ou promotion pas accordées…

C’est ce qu’a vécu Yoann il y a quelques années, quand il a voulu quitter sa société d’événementiel pour s’installer à son compte. Lorsque son patron a eu vent de son projet, il a été aussitôt blacklisté : plus aucune information ne lui était communiquée et des brimades quotidiennes lui ont été infligées pendant les semaines précédant son départ. Quant à l’équipe, toute rumeur persistante d’une éventuelle démission risque de la perturber, avec, à la clé, des problèmes d’organisation et de motivation. Pour éviter de vous retrouver dans une posture délicate, vous devez savoir rester discret, mais aussi être capable de prendre les devants pour rassurer votre entourage professionnel si vos intentions venaient à s’ébruiter. Nos conseils.

 

Ne communiquez que vos coordonnées personnelles

Lorsque, en août dernier, Lucie de Guillebon a présenté sa démission à sa responsable, cette dernière est tombée des nues. En quatre mois de recherche, pas un indice n’avait filtré. «Il faut dire que j’ai uniquement contacté des personnes qui figuraient déjà dans mon réseau professionnel ou amical, observe cette consultante en relations publiques digitales, aujourd’hui en poste à l’agence Hopscotch. De même, je n’ai jamais envoyé un e-mail ni passé un appel de mon bureau. Je donnais systématiquement mes coordonnées personnelles.» Autre précaution à respecter : ne déposez que des CV anonymes sur les CVthèques et n’imprimez aucun document sur un appareil commun à l’ensemble du service. Même lorsque tout le monde est parti. Vous n’êtes pas à l’abri d’un bourrage papier ou d’un oubli de document sur l’appareil…

Habitués à rencontrer des candidats en poste, les cabinets de recrutement font généralement preuve de discrétion. Mais n’hésitez pas à leur rappeler votre impératif de confidentialité et à leur fournir par vous-même des contacts d’anciens employeurs s’ils veulent se renseigner sur votre compte. Vous éviterez ainsi la mésaventure de Pascal, responsable RH : le recruteur n’avait rien trouvé de mieux que de demander à son patron de l’époque ce qu’il pensait de son collaborateur.

 

Modifiez le moins possible 
vos habitudes

Vous avez coutume d’arriver au bureau aux aurores ou de déjeuner sur le pouce devant votre ordinateur ? Ne programmez pas, du jour au lendemain, des rendez-vous tôt le matin ou à l’heure du déjeuner. Un tel changement de comportement mettrait la puce à l’oreille de votre entourage professionnel. Profitez plutôt de vos RTT pour concentrer plusieurs entretiens. Veillez aussi à certains détails qui pourraient vous trahir : refuser un nouveau projet parce que vous êtes conscient que vous ne le mènerez pas à son terme, déléguer un dossier que vous teniez jusqu’ici à traiter personnellement, vous jeter sur votre mobile au moindre appel… Attention également à votre style vestimentaire. «Si vous vous mettez à porter un tailleur ou un costume alors que vous étiez adepte des tenues décontractées, les signaux envoyés seront très clairs», observe Emilie Trappler, senior manager de la division RH chez Hays (recrutement).

 

Anticipez d’éventuelles fuites en jouant la transparence

Malgré ces efforts, vous n’êtes pas à l’abri d’une indiscrétion ou de la perspicacité d’un collaborateur. A fortiori si vous évoluez dans un milieu professionnel étroit et que vous partagez avec votre patron et vos collègues les mêmes réseaux. C’est pourquoi, si vous avez le moindre doute sur d’éventuelles fuites, prenez les devants. A l’image de Sophie. Au cours d’une pause café, son patron lui a tenu un discours appuyé sur l’importance qu’il accordait aux relations de confiance : elle s’est alors demandé si son boss avait eu vent des entretiens qu’elle avait passés chez un concurrent. Dans le doute, elle a décidé de l’en informer. Sincèrement surpris, ce dernier l’a augmentée de 10% pour qu’elle reste. Vous n’êtes pas assez avancé dans le processus de recrutement pour être aussi franc ? «Dans ce cas, prétextez que vous êtes en contact avec des recruteurs uniquement pour évaluer ce que vous valez sur le marché, mais que vous n’avez pas l’intention de partir», préconise Emilie Trappler.

 

Dépassionnez votre départ et restez impliqué jusqu’au bout

L’essentiel est que ni votre équipe ni votre patron ne perçoivent votre désir de partir comme une trahison. «Si ce changement paraît logique par rapport à votre parcours professionnel, vous ne choquerez personne», observe Rémi Martel, consultant chez Mercuri Urval. Après plus de trois ans passés aux mêmes fonctions, rien d’incohérent à ce que vous regardiez ailleurs, a fortiori si vous n’avez pas de perspectives d’évolution. Mais le plus difficile sera de le faire admettre à votre boss. Utilisez des arguments qui font écho à son mode de fonctionnement. Il ne jure que par la performance ? Arguez que vous avez besoin de relever de nouveaux défis. Il a multiplié les postes avant de décrocher son titre de directeur adjoint ? Rappelez-lui son parcours, en expliquant que vous voulez vous aussi diversifier vos expériences. Ne négligez pas non plus vos collaborateurs. Même si vous êtes sur le départ, vous resterez impliqué jusqu’au bout (quitte à en faire un peu plus au quotidien pour le leur prouver). Enfin, vous n’adopterez pas l’attitude «après moi le déluge» en prenant brusquement la poudre d’escampette et assurerez loyalement la transition avec votre successeur.

Article publié le 14 mai 2013 – capital.fr – Gaëlle Ginibrière

 

 

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