Comment gérer le passage de la vie étudiante à la vie professionnelle ?

Le passage de la vie étudiante à la vie professionnelle est moins rude pour qui a découvert la réalité de l’entreprise via des stages. Que vous en ayez eu ou non l’opportunité, il nécessite de faire le point sur vos compétences pour renforcer votre confiance et votre attractivité. Et de multiplier les rencontres terrain pour vous rapprocher de la réalité d’un secteur, d’une entreprise et en comprendre les codes.

L’entrée dans la vie active est une expérience plus ou moins décapante selon le cursus d’études choisi. Les jeunes entrants, plus ou moins bien préparés à prendre leur envol, atterrissent entre les difficultés propres à la recherche d’emploi et celles de la découverte de la réalité de l’entreprise. Toute expérience acquise lors d’un stage, qui permet de s’accoutumer à cette réalité-là, est donc souhaitable. « Pour un jeune diplômé d’université, qui a fait peu de stages, le risque est grand d’être complètement perdu car il n’aura pas entendu parler de la vie en entreprise ; celui qui a opté pour des études en alternance est, lui, beaucoup mieux préparé, a priori », note Christian Darantière, directeur délégué de l’Afij. Ainsi, quand un étudiant en BTS fait au minimum deux stages en deux ans, un étudiant universitaire n’en fait parfois qu’un seul lors de sa dernière année d’études. Cette première expérience de l’entreprise est appréciable car, quand on est identifié comme l’étudiant de service, on a le droit à l’erreur alors qu’en tant que jeune entrant salarié, c’est beaucoup moins le cas.
Encore faut-il réussir à décrocher un stage… Car, d’une part, « les recruteurs attendent que les débutants aient déjà une expérience, parfois même au niveau de la demande de stage », comme l’observe Julie Coudry, expert jeunesse, emploi, recrutement. Et d’autre part, la réticence peut également provenir des écoles puisque, comme le souligne Christian Darantière, « règlementation oblige, les stages doivent avoir un lien avec le cursus ».
Pour compenser le manque de stages, pensez aux jobs étudiants (jobs d’été, emplois saisonniers par exemple).

Rompre l’isolement
Les jeunes sont très isolés dans leur recherche d’emploi. « Ils se tournent soit vers les sites emploi, soit vers l’institution (Pôle Emploi) et oublient l’essentiel : la rencontre de personnes de l’entreprise sur le terrain via une démarche réseau », remarque Julie Coudry. La conscience d’avoir un réseau, c’est important, trop de jeunes s’en croient dépourvus. Votre réseau ce sont d’abord vos parents, vos amis, vos camarades de promo, vos professeurs. Puis, peu à peu, vous en développerez un plus large grâce à vos démarches.

 

Apporter ses compétences

« Il faut d’abord chercher à entrer en contact avec des personnes qui ne sont pas la cible immédiate : elles n’ont pas de postes à pourvoir mais connaissent peut-être celles qui recrutent. Et effectuer un travail d’identification de ses compétences », explique Julie Coudry. Un travail pas uniquement mental, qui fait lister toutes ses expériences, personnelles, professionnelles – n’en exclure aucune – pour faire ressortir cinq compétences. « Parler de ses compétences en utilisant la formule « je suis capable de… » parler anglais, d’animer un groupe de tant de personnes, de générer tel trafic sur mon blog, etc., contribue à renforcer la confiance en soi et vous positionne en apporteur de solutions », complète-t-elle.

 

S’informer sur la réalité de l’entreprise
Les codes vestimentaires, le jargon, le comportement… : il est important d’essayer d’identifier et de décrypter ces signes d’appartenance à un groupe avant même son arrivée dans l’entreprise – vous poursuivrez bien évidemment ce travail d’observation une fois en poste, pour savoir par exemple qui tutoyer, ou non. « Multipliez les occasions de rencontrer les professionnels d’un secteur, d’un métier, ne serait-ce qu’en regardant la sortie d’une entreprise – quand ça ne fait pas faire 100 km –, ou en vous rendant sur des salons professionnels, excellente occasion de s’informer et de sonder l’ambiance et les réalités d’un secteur », conseille Christian Darantière.
Complétez les enseignements du terrain par les informations que vous trouverez sur les sites Web des entreprises, dans la presse locale, dans les forums. « Pour les grands groupes, et surtout si vous visez à terme des postes à responsabilités, il est utile d’aller voir ce qui se dit sur les sites des sections syndicales, tout en le relativisant », complète le directeur délégué de l’Afij.

Mener une réflexion personnelle
En 2012, les étudiants et jeunes diplômés sont beaucoup plus conscients des embûches de l’entrée dans le monde du travail et moins révoltés vis-à-vis d’elles. Mélange de résignation et de volonté d’en découdre. « Ils ont compris qu’on ne les attendait pas et donc, qu’il faut remonter les manches deux fois plus », constate Christian Darantière. Pourtant, dans ce contexte, des comportements très immatures pour des jeunes en recherche d’emploi se manifestent encore. Comme si la galère n’arrivait qu’aux autres. On vous a dit dans certaines écoles que vous étiez les meilleurs ? Vous êtes persuadés de la valeur de vos diplômes ? N’en faites pas trop, tempérez votre assurance. Signe des temps, l’Afij ne voit plus uniquement des étudiants d’universités dans ses inscrits mais aussi, depuis peu, des étudiants d’écoles intermédiaires de commerce ou d’ingénieurs.
Le passage de l’état d’étudiant à celui de salarié présente finalement les difficultés d’intégration de tout humain dans un groupe et nécessite des efforts plus ou moins soutenus selon votre tempérament et votre savoir-être. Sur la ponctualité notamment, la bête noire de pas mal de jeunes à en croire leurs aînés…

Publié le 17 juillet 2012 – blog-pour-emploi.com – Sophie Girardeau

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