De nouvelles voies de recrutement pour les jeunes diplômés

Premier Deloitte, deuxième Accor, troisième la Société Générale, sans surprise le dernier palmarès des entreprises qui recrutent le mieux en France, publié par Potentialpark, a consacré les «grands» du recrutement, ces entreprises qui cherchent chaque année à embaucher plusieurs milliers de collaborateurs dont une majorité de jeunes. Crise ou pas le recrutement des jeunes talents reste pour elles un enjeu considérable, notamment pour recruter les étudiants des écoles d’ingénieurs et de commerce les plus réputées mais aussi de masters universitaires de plus en plus côtés.

Réunissant entreprises et étudiants venus de toute la France, le « Concours de négociation » de l’EM Normandie vient de fêter ses 30 ans à Deauville.

Tout évolue avec le numérique

Stages, apprentissage, salons de recrutement, chaires d’entreprise, parrainage de promotions… les voies qui conduisent entreprises, étudiants et établissements d’enseignement supérieur à se recruter sont de plus en plus nombreuses. Une entreprise comme Sopra, l’une des grandes entreprises françaises de services du numérique (ESN), qui recrute chaque année 1500 à 1600 collaborateurs (dont 70 à 80% de jeunes diplômés), mène « pas moins de 400 actions différentes de recrutement par an », explique Fabrice Losson, son directeur du recrutement, qui dirige une équipe de douze personnes.

Car les sollicitations numériques se multiplient à l’ère numérique. Ace Manager, le serious game que produit TBWA pour la BNP, devrait ainsi réunir cette année 25 000 étudiants issus de 136 pays. Devenu largement leader devant Viadeo, Linkedin propose aux entreprises de nombreuses fonctionnalités de recrutement comme sonWork with Us : tous les candidats ayant visualisé une offre d’emploi se voient ensuite positionnés dans la colonne de droite de leur page personnelle comme de futurs employés de l’entreprise consultée. Sur Facebook il est possible à chaque collaborateur d’activer les offres d’emploi de son entreprise pour toucher son réseau.

«C’est un vrai bouleversement pour les recruteurs qui doivent acquérir des techniques dans le numérique», explique Olivier Dusserre, le directeur de l’IGS Paris, l’une des écoles qui forme le plus de spécialistes des ressources humaines en France qui crée à cet effet un Laboratoire d’innovation sociale et de performance de l’entreprise.

Identifier des établissements partenaires

Afin d’optimiser leurs recrutements, les employeurs travaillent de plus en plus avec des établissements «partenaires» qu’ils privilégient entre autres dans le versement de leur taxe d’apprentissage. «Nous travaillons en tout avec 120 établissements mais avec des niveaux de partenariats très différents», explique Fabrice Losson qui a conclu un partenariat stratégique avec l’Edhec et sa course croisière : «Pour un montant qui n’est pas déraisonnable la course croisière nous permet de toucher beaucoup d’établissements différents en sponsorisant quinze équipages différents». Mais il est beaucoup plus dubitatif sur d’autres événements étudiants en forme de «beuveries» qui donnent une image parfois négative de leurs sponsors: «Nous préférons de toute façon des partenariats de long terme à l’affichage ponctuel de notre logo lors d’un événement isolé».

De nombreuses actions permettent de faire rayonner la « marque employeur » dans une école ou une université. Pour fédérer les entreprises qui lui font particulièrement confiance, l’Edhec a ainsi créé il y a dix ans l’«Edhec Business Club», qui compte 120 entreprises membres. «Une vraie communauté qui travaille autour du développement des talents. Nous avons ainsi développé une forte proximité avec les entreprises afin de pouvoir anticiper et répondre à leurs besoins», explique Anne Zuccarelli, la directrice entreprises et carrières de l’école.

Tisser de relations privilégiées

Les partenariats établissements/entreprises sont de plus en plus incarnés par des «ambassadeurs», des anciens diplômés qui prennent du temps pour aller recruter les plus jeunes dans leur ancien établissement. Deloitte compte ainsi 25 ambassadeurs qui se rendent essentiellement dans des écoles de commerce – mais aussi Dauphine, Supélec ou Paris 1 – pour y propager la bonne parole.

Mais rien n’empêche d’aller plus loin avec des cadres plus expérimentés, voire membres du comité de direction. «Nous avons identifié vingt écoles d’Ile-de-France où des cadres de haut niveau de Sopra peuvent être plus que des ambassadeurs, ce que nous appelons des sponsors», résume Fabrice Losson. Le directeur de la région Sud-Est de Sopra vient ainsi de rejoindre le conseil d’administration de l’École Centrale Marseille.

Comme beaucoup de grande écoles, son homologue de Paris propose aux entreprises d’être partenaires « premium » (12 entreprises comme Airbus, GDF Suez, PSA, etc.) et même, voie la plus onéreuse mais la plus significative en termes de complémentarité, d’ouvrir des chaires d’entreprise. Centrale Paris en a ainsi ouvert 14 avec Louis Vuitton, BNP Paribas ou encore Faurecia.

Sans forcément aller jusque-là de nombreux comités sont ouverts aux professionnels. À l’Iéseg des «Professional advisory board» permettent ainsi aux entreprises d’influer sur les programmes. Nombreux sont aussi les professionnels qui donnent des cours dans les établissements et en profitent pour assurer la promotion de leur entreprise. Les possibilités de rapprocher étudiants et employeurs sont innombrables, les recruteurs à l’affut de celles qui feront la différence, aux établissements d’enseignement supérieur de saisir la perche pour toujours mieux intégrer leurs diplômés.

Publié le 10/03/2014 – LeMonde.fr – Par Olivier Rollot

Bientôt le retour des soirées de recrutement « Plug & Work » destinées aux jeunes diplômés. Infos et inscription sur :  http://www.plugnwork.fr/

 

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