Des chômeuses de plus de 45 ans aidées par des dirigeantes

Dirigeantes, elles ont créé «Force femmes», une association qui aide les femmes de plus de 45 ans à retrouver un emploi. Jeudi, elles ont remis trois prix à des femmes qui ont créé leur entreprise et, donc, leur emploi.

Avec la crise, la quête d’un emploi relève du parcours du combattant. Quand on est une femme sans emploi de plus de 45 ans, mieux vaut avoir un moral d’acier ou… peut-être croiser la route de l’Association «Force femmes».

Une structure présente dans douze villes de France qui a pour objectif de soutenir des femmes sans emploi, de leur redonner confiance et de les aider parfois à inventer leur nouvel emploi en créant leur propre entreprise.

Pas de misérabilisme dans la démarche mais un coup de pouce de dirigeantes souvent médiatiques comme Anne Méaux, Fondatrice d’Image 7, Véronique Morali, Fondatrice de l’association en 2005, Véronique Bourez, présidente deCoca-Cola, Marie-Louise Antoni, conseillère du président chez Generali qui ont réussi et connaissent la force et l’efficacité d’un réseau. Car pour les femmes, c’est souvent là que le bât blesse. Par manque d’habitude, de pratique, d’audace ou simplement de temps , elles savent moins «réseauter» que les hommes. Et, reste plus longtemps sans emploi.

«Force Femmes est née d’une dynamique collective de solidarité», explique Véronique Morali, l’une des pionnières qui gère aujourd’hui le site Terrafemina. Pour elle, il est temps de comprendre que «les femmes de plus de 45 ans représentent une force pour l’entreprise, pas un handicap. Nous voulions redonner à d’autres ce que nous avons eu la chance d’avoir. Nous connaissons toutes des femmes restées sur le carreau après 45 ans, à cause d’un licenciement, d’un accident de vie, d’un divorce ou d’un temps d’arrêt pour élever leurs enfants. C’est pourquoi, nous avons choisi de mener une action spécifiquement féminine.» Car elle a le sentiment que «les femmes victimes d’une double discrimination: celle de l’âge et celle du genre».

13.500 femmes aidées, 350 d’entre elles ont créé une entreprise

Mais pour que ça marche, il a fallu mettre des amis à contribution, les pousser à ouvrir leur carnet d’adresses, à donner un peu de leur temps, d’anciens DRH ont pris l’habitude de booster bénévolement des CV. Des ordinateurs ont été offerts, des ateliers pour apprendre à se présenter en 3 minutes sont organisés chaque mois. A ses débuts, l’association disposait même d’un vestiaire. Créé au départ à l’initiative de la maison de couture Christian Lacroix, il affichait des tenues Armani, Chanel ou Versace… Aujourd’hui, l’association opte plutôt pour des cours de maquillage et de relooking animés par des professionnels. Une façon pour les femmes d’arriver un peu moins découragées le jour d’un entretien de recrutement.

En 7 ans d’activité, l’association a accompagné plus de 13.500 femmes par le biais de son réseau de 350 bénévoles dans toute la France. 30 % d’entre elles ont retrouvé un emploi durable en 2012 et 350 ont crée leur entreprise depuis 2008. «Le réseau devrait s’étendre cette année à Rennes et Montpellier, espère Françoise Holder , fondatrice du groupe Holder et présidente depuis deux ans de Force femmes. Elle est toujours en quête de nouveaux bénévoles car, observe-t-elle, «il est plus facile de nager quand on vous tient le menton».

L’association compte 9 salariés. Elle est gérée à la manière d’une entreprise. «En bonnes mères de famille» plaisante Françoise Holder,pour rassurer ses partenaires. Elle les a réunis aux Musée des Arts Forrains où elle organisait un dîner autour de 50 mécènes qui, depuis le début veillent à remplir les caisses et à dispenser des conseils.

Invité de marque, Julien Clerc, acclamé en chantant «Femmes, femmes, je vous aime». Comme Najat Vallaud Belkacem, la ministre déléguée aux Droits des femmes qui a salué «le travail de fourmi d’une association qui offre du cousu-main à des femmes en difficultés et lutte contre le fatalisme de l’exclusion».

Reste que tordre le coup aux idées reçues n’est pas simple: il faut du temps pour convaincre les grands comme les petits patrons de l’intérêt de recruter des femmes de cet âge. Alors certaines lassées de subir des refus en cascade, tentent de créer leur propre emploi et fondent une entreprise.

De l’audace, de l’énergie et des idées dans l’air du temps

«Pour elles, explique Françoise Holder, nous essayons d’être un petit fil d’Ariane. Un fil qui aide en cas de découragement, un fil qui donne des ompétences en comptabilité ou en gestion. Il faut de la volonté , pour tout ré-apprendre, pour arriver à transformer un accident de parcours en opportunité».

Et, ça marche. Ce jeudi 6 décembre, trois recalées de l’emploi qui se sont lancées dans la création d’entreprise ont reçu le prix de la «Créatrice Force femmes». Une reconnaissance et un coup de pouce en espèces sonnantes et trébuchantes. «L’association a reçu et étudié plus de quarante dossiers de candidatures de France entière, des entreprises toutes fondées par des femmes aux profils très variés et aux personnalités différentes», confie Françoise Holder.

Valérie Desmoulins qui a créé Alterservices, une conciergerie d’entreprise à destination des PME franciliennes qui se veut «éthique» (services éco-citoyens, équitables, solidaires, respectueux de l’environnement..) a reçu le premier prix. Elisabeth Tardy, le second pour «A Domicile Faire et Bien», une entreprise d’aide aux soins à domicile qui se veut de qualité et a déjà recruté 10 personnes. Le troisième a été décerné à Muriel Gerlach pour la création de BIocrEATive, une entreprise qui veut nous ré-apprendre à bien manger en nous proposant des produits frais issus de l’agriculture biologique.

 

Article publié le 07 décembre 2012 – lefigaro.fr – Christine Ducros

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