Emploi des jeunes : cinq raisons d’espérer

Le gouvernement table sur 100.000 emplois d'avenir dès 2013 et 150.000 par an à partir de 2014. Matignon a indiqué que les premiers contrats seront signés le 30 octobre 2012.
Nouveaux contrats aidés, départs à la retraite, secteurs porteurs… autant d’opportunités à saisir pour les jeunes dans les mois qui viennent.

 

L’Education nationale embauche : 22 000 postes créés en 2013

S’il y a une année pour devenir enseignant, c’est bien 2013 ! Après avoir ouvert 21 000 postes lors d’une première session de recrutement actuellement en cours, le ministère de l’Education nationale récidive avec un concours extraordinaire au printemps prochain. A la clé, 22 000 nouveaux postes.
« C’est le début de la création des 60 000 postes supplémentaires promis par François Hollande d’ici à 2017 », rappelle-t-on au ministère. Les inscriptions seront ouvertes de mi-janvier à fin février, et les épreuves d’admissibilité auront lieu en juin.

Jusqu’aux oraux d’admission, qui se dérouleront en juin 2014, les candidats reçus pourront effectuer un service à tiers-temps dans les écoles, payé comme un mi-temps, avant de devenir titulaires à la rentrée 2014. Point fort : 85 % des inscrits à ces concours ont moins de 26 ans.

Les emplois d’avenir aident les non-diplômés : 150 000 emplois (100 000 en 2013 et 50 000 en 2014)

Mesure phare du gouvernement en faveur des jeunes, les premiers des 150 000 emplois d’avenir ont été signés très officiellement le 8 novembre. Ces contrats aidés s’adressent aux 16-25 ans qui n’ont pas de diplôme ou aux titulaires d’un CAP ou d’un BEP au chômage depuis plus de six mois.

Le dispositif est également accessible jusqu’à bac+3 pour les habitants des zones urbaines sensibles, des zones rurales isolées ou des DOM (s’ils ont été au chômage douze mois sur les dix-huit derniers mois).

Concrètement, les emplois d’avenir prendront la forme de contrats à durée indéterminée (CDI) ou de contrats à durée déterminée (CDD) de trois ans à temps plein, payés selon la convention collective en vigueur.

Concentrés essentiellement dans le secteur non marchand (collectivités, hôpitaux, associations…) et dans des entreprises à fort potentiel d’embauche, ces contrats comporteront également un volet formation.

Dès 2013, 100 000 emplois d’avenir devraient être créés, puis 50 000 en 2014. En rythme de croisière, la mesure coûtera 1,5 milliard d’euros par an à l’Etat.

Il reste des secteurs porteurs : 175 000 recrutements de jeunes en 2013 dans cinq secteurs

Malgré la crise, certaines branches embauchent toujours des jeunes.

Transport-logistique. Le secteur « devrait recruter en 2013 70 000 personnes. La moitié de ces postes sont accessibles aux jeunes, même sans qualification, notamment les métiers de manutentionnaire, de cariste, ou de chauffeur-livreur », détaille Alain Peroni, directeur associé du site Jobtransport.

Hôtellerie-restauration. Serveur, barman, commis de cuisine… « Chaque année, le secteur propose 200 000 postes, dont un quart environ pourraient être occupés par des moins de 25 ans », annonce l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. Ces jobs se caractérisent aussi par un important turnover.

Santé. Les métiers de la santé ont le vent en poupe. Une infirmière à la sortie de l’école n’a aucune difficulté à trouver un emploi. D’après le site Jobvitae, le secteur devrait offrir 130 000 postes en 2013, dont 65 000 accessibles aux moins de 26 ans.

BTP
. Gros pourvoyeur de postes, le BTP devrait recruter « 70 000 personnes en 2013, dont 20 000 parmi les 15-29 ans », selon la Fédération française du bâtiment. Les profils recherchés ? Maçons, couvreurs ou marbriers titulaires d’un CAP, ou d’un BTS.

Numérique. Développeur web, informaticien, webdesigner, infographiste… Les métiers du numérique sont variés. « Chaque année, 40 000 emplois sont créés, dont 5 000 destinés aux jeunes, de bac+2 à bac+5 », analyse Christian Colmant, de l’association Pasc@line. Les ingénieurs sont particulièrement recherchés.

De nouveaux contrats favorisent les embauches en CDI : 500 000 contrats de génération (objectif pour 2017)

C’est l’autre nouveauté dégainée par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le projet de loi sur les contrats de génération doit être présenté en conseil des ministres début décembre, pour une mise en place prévue au début 2013.

L’objectif : « améliorer l’accès des jeunes à un emploi en CDI », « maintenir l’emploi des seniors » et « assurer la transmission des savoirs et des compétences », précise l’accord signé par les partenaires sociaux.

Pour cela, les entreprises de moins de 300 salariés qui embaucheront un jeune de moins de 26 ans (ou de moins de 30 ans, dans certains cas) en même temps qu’un senior (55 ans en cas d’embauche, 57 ans en cas de maintien dans l’emploi) recevront une aide de l’Etat d’environ 4 000 euros par an.

Le dispositif comprendra également des actions de tutorat. Le gouvernement annonce un objectif de 500 000 contrats de génération d’ici à 2017.

Les baby-boomers font de la place : 600 000 départs à la retraite par an jusqu’en 2020

La démographie va donner un coup de pouce aux jeunes. L’arrivée en fin de carrière de la génération des baby-boomers (nés entre 1945 et 1975) va peu à peu modifier le marché du travail.

Selon une étude menée par le Centre d’analyse stratégique (CAS), le nombre de départs à la retraite devrait être de l’ordre de 600 000 par an jusqu’en 2020, ce qui représente 80 % des postes à pourvoir chaque année (750 000 par an).

Attention, tous les seniors partant à la retraite ne seront pas remplacés, a fortiori par un jeune, qui n’a pas forcément les qualifications ou l’expérience nécessaires. Mais ce mouvement créera un appel d’air pour les moins de 26 ans.

Article publié le 20 novembre 2012 – leparisien.fr – Julien Solonel

Retrouvez toutes nos offres d’emploi sur Moovijob !