Emploi : les secteurs qui résisteront en 2013

Les métiers du contrôle au sens large et de la finance d'entreprise devraient être sollicités en 2013.

Pas de miracle à attendre sur le front des recrutements cette année. Cependant, dans un climat globalement attentiste, plusieurs fonctions pourront encore tirer leur épingle du jeu

«Difficile de voir 2013 sous les meilleurs auspices», reconnaît Philippe Meysman, directeur général du cabinet de recrutement Hudson France. Au troisième trimestre 2012, 83% des cabinets français interrogés pour le baromètre européen du recrutement des cadres estimaient que leur activité avait reculé et une large majorité se montrait extrêmement prudente sur les six mois à venir.

«À la crise économique et financière s’ajoute une part psychologique. Depuis mars-avril, les grands groupes multinationaux se montrent très attentistes. On parle beaucoup plus de recrutements de remplacement que de créations de postes dans les grands groupes. À la différence des PME et ETI, où chaque nouveau ­projet doit faire appel à de nouveaux ­talents», poursuit Philippe Meysman.

Pour Olivier Labarre, président de BPI, société de conseil en RH, «2013 risque d’être assez chargé en restructurations parmi les grands groupes mondiaux». «Cela dit, de plus en plus d’entreprises se rendent compte qu’elles doivent conserver leurs salariés et les former pour répondre à des métiers qui évoluent», tempère-t-il.

Le luxe s’affiche

Des secteurs vont continuer à embaucher: les soins à domicile, l’agroalimentaire, la grande consommation, la distribution. «Le digital investit tous les domaines, avec des besoins d’experts bien formés et encore peu nombreux sur le marché. Des segments de la grande consommation peuvent ainsi rechercher une expertise particulière issue du luxe ou du sport, pour l’appliquer à d’autres domaines», indique Dominique ­Virchaux, directeur général de Korn Ferry France.

Le groupe de restauration Flo prévoit d’engager 3000 personnes cette année en CDI dont 150 cadres. Si l’industrie lourde souffre, des secteurs à forte valeur ajoutée comme l’électronique, l’industrie pharmaceutique, les biotechnologies, l’aéronautique recrutent dans la R&D et l’ingénierie. «Dans le luxe, le “made in France” est toujours apprécié et conserve ses sites de production sur l’Hexagone», souligne Olivier Labarre.

Le marché de l’emploi cadre a certes marqué le pas, il reste néanmoins tendu avec des pénuries de talents et d’experts. «Les entreprises n’ont pas les expertises dont elles ont besoin, affirme Antoine Morgaut, patron du cabinet Robert Walters pour l’Europe et l’Amérique latine. À partir de cinq à dix ans d’expérience, des pénuries de profils s’observent.»

Les commerciaux gagnants

Quelles fonctions vont tirer leur épingle du jeu? Les forts besoins ressentis en 2012 vont se confirmer sur les ingénieurs R&D, bureau d’études, les informaticiens. Les métiers du contrôle au sens large et de la finance d’entreprise vont être sollicités: consolideurs, directeurs comptables, spécialistes conformité en banque, contrôle du risque, contrôle de gestion, auditeurs… Le groupe d’audit et de conseil Mazars prévoit de recruter 400 nouveaux ­collaborateurs, dont une majorité d’auditeurs.

La banque a réduit ses recrutements et l’assurance les a lissés. Il n’empêche, les départs en retraite créent un appel d’air, souligne Dominique Baud-Bertrand, directrice générale du cabinet spécialisé DBB conseil. «Les obligations réglementaires, l’évolution des nouvelles technologies conduisent aussi à renforcer contrôle, organisation, gestion du risque…», rappelle-t-elle.

Qu’ils soient cadres ou non cadres, les grands gagnants restent les commerciaux. «C’est l’un des postes sur lequel on discute le moins», affirme ­Philippe Meysman. L’opérateur télécom Paritel prévoit ainsi d’engager plus de 300 commerciaux BtoB, alors que l’enseigne Bricoman recrutera 550  collaborateurs.

Les pénuries de compétence toujours d’actualité

Les États-Unis, l’Allemagne, la Suède connaissent l’un des marchés du travail qualifié les plus tendus. Comment mettre en adéquation compétences et postes de demain? L’index mondial des compétences lancé par le cabinet de recrutement Hays, en partenariat avec Oxford Economics, étudie vingt-sept pays. Il avance trois types d’action à mettre en œuvre sur le long terme: une vision claire des gouvernants sur les compétences demandées pour attirer les talents en conséquence ; une fiscalité avantageuse pour les employeurs afin de renforcer la formation professionnelle ; des consultations entre employeurs et gouvernements, afin de définir les formations à développer en fonction des carences détectées. L’étude met en avant des pratiques qu’elle juge inspirantes. Singapour subventionne ainsi les étudiants du supérieur ou les personnes en formation professionnelle et générale, ce qui lui permet d’ajuster ses besoins en compétences. Au Royaume-Uni, plusieurs initiatives ont été lancées pour inciter les employeurs à concevoir leurs propres solutions de formation et renforcer le perfectionnement dans des secteurs clés…

Article publié le 07 janvier 2013 – lefigaro.fr – Christine Piédalu

 

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