La Finance Solidaire pourvoyeuse d’emplois !

INTERVIEW – Sophie des Mazery est directrice de Finansol, une association d’établissements engagés dans la finance solidaire. Elle commente la publication des résultats du 11ème baromètre Finansol…

Une industrie en plein boom. La finance solidaire utilise l’épargne placée sur des produits dédiés (à direction de l’emploi, le logement, l’environnement, le commerce équitable, le micro-crédit) pour développer des activités à forte utilité sociale et environnementale. Elle permet ainsi la création d’emplois, de logements sociaux, de projets environnementaux et le développement d’activités économiques par des entreprises solidaires françaises (associations, coopératives, ou encore personnes exclues des circuits bancaires et financiers classiques) dans les pays en voie de développement. La directrice de Finansol, acteur de ce secteur, explique à 20 Minutes comment la finance solidaire est devenue une force crédible dans l’économie réelle.

La finance solidaire vit-elle ses belles heures?

Le secteur se porte à merveille avec une hausse en 2012 de 32,9% de l’épargne solidaire à 4,7 milliards d’euros. L’argent investi dans des entreprises solidaires a quant à lui dépassé le milliard d’euros (1,02 milliard exactement, soit +16,5%). On peut désormais parler de la finance solidaire en milliard! 12.000 nouvelles entreprises ont été soutenues l’an dernier et 36.000 emplois ont été créés ou consolidés, particulièrement pour des personnes éloignées du marché du travail. Par ailleurs, au niveau du logement social, 4.400 personnes ont été relogées.

Pourquoi cela fonctionne?

Pour plusieurs raisons. Tout le monde épargne en France (ce patrimoine des ménages pèse 10.000 milliards d’euros) et en période de crise économique le réflexe social et solidaire est plus récurent. L’épargnant se dit, si je place solidairement, je finance l’emploi, des logements sociaux, des activités écologiques pour le futur ou encore des entreprises dans les pays en développement. Et comme les Français ne cherchent pas forcément un rendement à deux chiffres, la rentabilité limitée de ces placements n’est pas un obstacle. D’autant qu’à ce jour, le livret A ne rapporte qu’1,75%. La finance solidaire lie petites performances et transparence.

La place prise au sein de l’épargne salariale vous a considérablement aidé?

Il y a aujourd’hui 900.000 épargnants solidaires en France, dont 700.000 via l’épargne salariale. En effet, la finance solidaire a été stimulée par la loi de modernisation de l’économie de 2008, qui impose aux entreprises de proposer au moins un fonds d’épargne solidaire dans leur plan d’épargne d’entreprise (PEE, Perco). Son encours a progressé de plus de 50% en 2012 et s’élève désormais à 2,6 milliards d’euros.

La finance solidaire peut-elle aller encore plus loin?

Les acteurs de ce secteur ont une ambition bien plus importante à un horizon de 15 ans. L’objectif est de multiplier ces résultats par sept pour qu’1% de l’épargne financière des Français (3.800 milliards en 2012) soit investi dans la finance solidaire. Nous voulons créer notamment un livret A solidaire défiscalisé et une assurance vie solidaire. Encore faut-il que les sociétés d’assurance-vie soient convaincues.

Publié le 22/05/2013 – 20minutes.fr – Par Bertrand de Volontat

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