Le difficile retour au travail des mères au foyer

Sandrine Paquet n'a pas encore trouvé l'emploi qu'elle recherche. Crédits photo: YANN-OLIVIER BRICOMBERT/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Sandrine Paquet n’a pas encore trouvé l’emploi qu’elle recherche. Crédits photo: YANN-OLIVIER BRICOMBERT/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Une mère de famille du Calvados a publié une annonce d’emploi humoristique, où elle met en valeur les compétences acquises au foyer. Le retour sur le marché du travail s’avère souvent difficile.

«Je ne suis jamais malade, je n’ai pas le temps.» Sandrine Paquet, alias «super maman» sur le site d’emploi où elle a diffusé son annonce, repérée par Ouest-France , donne tout de suite le ton: être femme au foyer trois ans durant l’a certes éloignée du marché du travail, mais lui a aussi permis d’acquérir des compétences spécifiques, utiles à un futur employeur.

Sur un mode humoristique qui a assuré un certain succès à son annonce sur les réseaux sociaux, cette jeune mère en recherche d’emploi vante les vertus – professionnelles – associées à la vie de famille: «Je sais valoriser un produit: deux yeux, une bouche et ma purée devient un chef-d’œuvre digne de Picasso. […] Je suis ponctuelle: avec un réveil en fanfare à 6h, je suis large. […] Je suis dynamique: la dernière fois que je me suis assise, c’était… c’était quel jour, avant-hier?» Pour l’instant, Sandrine Paquet n’a pas encore trouvé l’emploi qu’elle recherche. Seules quelques offres de travail à domicile se sont présentées, mais après plus de trois ans passés à s’occuper des enfants, elle a «plutôt envie de sortir de la maison!».

Entretenir son réseau

Pour les parents qui ont choisi de s’occuper à plein temps de leurs enfants – en écrasante majorité des femmes et pas forcément par choix -, le retour à l’emploi s’avère souvent difficile. Le nombre de femmes au foyer a fortement diminué depuis les années 1970, mais il concerne encore une grande partie des 4,5 millions d’inactives de 24 à 65 ans recensées par l’Insee en 2011 – l’institut ne comptabilise pas cette catégorie en tant que telle. Plus l’absence est longue, plus la difficulté du retour, en général, s’accroît. «Ça fait quand même onze ans que j’ai arrêté et j’ai peur de me dire: “est-ce que je peux toujours y arriver?”. Parce que le secrétariat sur ordinateur, il y a quand même eu de sacrées évolutions», témoigne une femme dans une étude réalisée par l’université de Bordeaux.

«Les reconversions sont très fréquentes», constate Marie-Pierre Fleury, présidente du cabinet de recrutement id-Carrières. Mais bien souvent, la clé du retour à l’emploi passe par le réseau. «Ces profils ont très peu de chances d’être spontanément repérés par le canal traditionnel. Les recruteurs sont plutôt en quête de profils formatés, surtout en période de crise», explique-t-elle.

Entretenir son réseau tout au long de cette parenthèse professionnelle, voire l’enrichir de nouvelles relations est donc primordial pour celles qui souhaitent à terme retravailler. La tâche n’est pas forcément aisée: le manque de contacts est le premier écueil dont se plaignent les femmes au foyer. Celles qui s’engagent en parallèle dans une association, tiennent un blog ou se passionnent pour une activité tirent mieux leur épingle du jeu. D’autant plus qu’elles y glanent des compétences dont elles «ne sont pas toujours conscientes elles-mêmes alors qu’elles pourraient être mobilisées pour faciliter leur retour sur le marché du travail», souligne une étude belge.

Article publié le 24 octobre 2012 – lefigaro.fr – Marie Bartnik

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