Le Grand Est reste une valeur sûre de l’économie

Vue de Strasbourg. L'Alsace a compté, en 2012, près de 88.000 inscrits à Pôle emploi.

 

En 2012, le chômage a durement frappé une économie locale jusqu’alors relativement préservée, notamment en Alsace. Les projets d’investissement restent pourtant d’actualité, tant dans l’industrie que dans le commerce.
Jusqu’alors relativement préservée par l’envolée du chômage (à l’exception de la Lorraine), la région Grand Est a vécu une année noire pour l’emploi. En 2012, le nombre de chômeurs a augmenté plus vite que la moyenne nationale en Alsace (+11,4% contre 10%), avec près de 88.000 inscrits à Pôle emploi. Quant à la Franche-Comté, elle fait partie des cinq régions françaises dans lesquelles le chômage a connu la plus forte progression, avec un total de 80.000 demandeurs d’emploi.

Les projets de développement n’en continuent pas moins dans un certain nombre de sociétés, tous secteurs confondus. Le spécialiste de la rénovation de fenêtres Tryba (groupe Atrya) a lancé une campagne de recrutement de 200 commerciaux à travers la France pour accompagner le développement de son réseau de concessionnaires, qui devrait atteindre 300 unités.

«Notre force commerciale s’élève actuellement à 400 collaborateurs. Nous avons le potentiel de passer le cap des 850 commerciaux avec notre réseau national», affirme Michel Dol, directeur général de Tryba. Des perspectives de croissance qui permettent de conforter les sites de fabrication de fenêtres installées dans la région: Gundershoffen (le berceau de la société en Alsace avec 500 salariés), La Bresse dans les Vosges. Mais aussi en France, où le groupe gère au total douze usines. Confronté à des difficultés pour trouver certaines compétences (notamment des techniciens de menuiserie), le groupe a créé sa propre école de formation dans le Bas-Rhin.

Innovations dans la santé

Ouvert en avril 2012, le centre de marques Roppenheim The Style Outlets, à 30 km de Strasbourg et à cinq minutes de la frontière allemande, a dépassé ses objectifs de fréquentation et de créations d’emplois. Exploité par la société espagnole Neinver, dont c’est le premier investissement en France, le concept fonctionne actuellement sur 21.000 m2 et 90 enseignes. «Notre objectif est de créer en deux ans 750 emplois équivalents temps plein. Nous sommes actuellement à 676 emplois créés, dont 300 dans les seules boutiques, auxquels s’ajoutent 180 emplois indirects», précise Maïté Legeay, directrice de Neinver France. Avec un million de visiteurs en 2012 sur huit mois d’exploitation, le concept semble séduire. «En rythme de croisière, nous devrions atteindre entre 1,5 et 3 millions de visiteurs», précise-t-elle. Cette année, la priorité est donnée à l’aménagement des 8000 m2 restants, ce qui devrait se traduire par l’ouverture d’une vingtaine de boutiques supplémentaires et la création de 150 nouveaux emplois.

À Mulhouse, si le business plan de CellProthera est respecté, cette start-up spécialisée dans l’insuffisance cardiaque sera à coup sûr la success story de la ville! «Nous tablons sur une commercialisation de notre thérapie en 2015, avec un objectif de chiffre d’affaires potentiel de 1 milliard d’euros en 2019, 200 à 300 collaborateurs et jusqu’à 500 personnes employées chez nos sous-traitants», explique Jean-Claude Jelsch, directeur administratif et financier.

Depuis 2009, CellProthera développe une thérapie capable de régénérer le cœur après un infarctus sévère, qui évite la greffe cardiaque. «Aujourd’hui, 3,3 millions de patients font des infarctus dans les sept plus grands pays européens, au Japon et aux États-Unis, dont 30 % sont des formes sévères. C’est un marché de 50 milliards d’euros», rappelle-t-il. Le procédé mis au point par cette jeune entreprise vise à collecter et purifier les propres cellules souches du patient à partir d’une simple prise de sang pratiquée dans les jours suivant l’infarctus du myocarde et à les réinjecter directement dans la zone cardiaque lésée.

On constate alors que celle-ci se régénère dans les mois suivant la réinjection au lieu de se nécroser. CellProthera a levé quelque 8,4 millions d’euros depuis sa création et s’apprête à démarrer un essai clinique international auprès de 150 patients. Quatre recrutements sont programmés cette année pour épauler les douze collaborateurs, dont un directeur financier, un logisticien pour suivre les essais cliniques ou un ingénieur d’applications.

Article publié le 04 février 2013 – lefigaro.fr – Christine Lagoutte

 

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