Luxembourg – Recrutement : La guerre des talents


Human resources director dans le cabinet d’avocats depuis octobre 2012. «Quand les mesurettes n’ont plus suffi, la crise fut l’occasion pour les DRH de plonger dans le grand bain.» «Notre cursus de progression interne est très exigeant.»
 
Madame Maillot, quel regard portez-vous sur l’évolution de votre métier, ces cinq dernières années?
 
«Au début de la crise, j’étais encore en poste chez Lombard International; j’ai rejoint Allen & Overy en septembre 2012. Le Luxembourg a été épargné au départ, mais cette crise a tout de même nécessité un peu de créativité des RH, pour maîtriser les coûts. Il s’agissait de mesures ‘soft’: aménagement du temps de travail, congés sabbatiques…
 
Malheureusement, ces mesurettes – je parle là de ce que j’ai vécu chez Lombard – n’ont pas suffi et notre métier a alors énormément changé.
 
Ce fut aussi une opportunité pour les DRH; depuis longtemps déjà, il était question de rapprocher la fonction du business et là, cette crise nous a obligés à plonger dans le grand bain, à être beaucoup plus proches des comités de direction, à anticiper des mesures, à travailler sur des plans de restructuration.
 
J’ai senti une grande différence dans les deux entités où j’ai évolué. Chez Lombard, il y a une vraie place pour le DRH auprès du comité de direction. Dans un cabinet d’avocats, comme chez Allen & Overy, il n’y a pas de comité de direction, mais les associés sont attentifs aux recommandations que l’on peut faire.
 
Quelles différences notables avez-vous constatées entre ces structures?
 
«Dans un cabinet d’avocats, vous gérez des départements, soit, chez Allen & Overy, sept départements et donc sept entrepreneurs. On peut le nuancer un peu, car nous appartenons à un grand groupe international et certaines stratégies sont transmises par notre maison mère à Londres.
 
Mais nous avons tout de même sept associés responsables de leur département, avec des activités extrêmement différentes. Et tous ne sont donc pas confrontés à la crise de la même manière.
 
Quels en ont été les effets directs sur la fonction RH?
 
«Aujourd’hui, deux rôles sont prédominants pour les DRH: employee champion, c’est-à-dire être près des employés, les écouter, les conseiller, et celui de change agent, consistant à aider les organisations à la restructuration, à amener le business plus loin.
 
Ces deux fonctions ne sont pas toujours faciles à combiner, c’est même parfois un peu schizophrénique! Mais être proche des gens renforce les liens et permet de mieux faire accepter les évolutions.
 
Je l’ai vu lorsque j’ai dû gérer le plan social chez Lombard: le fait d’être proche de mes employés m’a aidée à communiquer avec eux et à leur faire comprendre ce qui se passait, même si ce fut évidemment très douloureux.
 
D’autres effets de cette crise se sont-ils fait sentir?
 
«Ils ont été nombreux! Chez Lombard, la stratégie RH était très axée sur le recrutement. Nous avons avancé vers l’intégration, la rétention… puis vers la restructuration, la sortie.
 
Notre rôle a donc beaucoup changé, ces dernières années. Mais nous sommes toujours dans une guerre des talents! Le recrutement reste l’une des activités phares des ressources humaines.
 
Ces recrutements sont-ils orientés sur un développement des activités ou pallient-ils essentiellement la rotation des effectifs?
 
«Chez Allen & Overy, nous avons un taux de turnover assez élevé, mais conforme au reste de la profession. La structure est extrêmement pyramidale, comme dans les Big Four… On recrute beaucoup à la base, puis on forme, on développe, on intègre…
 
Malheureusement, tout le monde ne devient pas associé. Donc, à un moment donné, certaines personnes vont s’orienter vers des structures plus petites ou changer d’environnement. Un cabinet d’avocats est un environnement extrêmement exigeant qui n’est pas toujours compatible avec certains choix de vie.
 
Nous continuons à croître, en termes de chiffre d’affaires et de profitabilité, mais sur les cinq dernières années, notre effectif est constant. Soit 85 avocats collaborateurs et une cinquantaine d’employés dans les activités de support.
 
Dans une organisation qui compte 10 associés et sept départements, est-il plus difficile qu’ailleurs d’instiller une culture d’entreprise?
 
«Cette culture existe depuis longtemps, avec des visions, des valeurs communes. Le cabinet luxembourgeois a été fondé il y a plus de 20 ans, il est devenu Allen & Overy en 2000. Et la plupart des associés fondateurs sont toujours là.
 
Parmi ces valeurs, je citerais le respect, le partage, la relation client, l’investissement dans les collaborateurs, leur développement… Nous veillons aussi à organiser régulièrement des événements sociaux, avec l’ensemble des équipes. C’est important, car nous occupons deux bâtiments et maintenir une ‘unité de corps’ est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur. Il n’est pas sain de travailler dans une entité qui a différentes politiques de gestion.
 
Dans le cabinet, nous maintenons également une forte culture entrepreneuriale et nos collaborateurs doivent avoir un certain goût pour la prise de risques. Par exemple, nous avons mis en place une initiative purement luxembourgeoise, l’implantation de desks à l’étranger, le plus souvent dans des cabinets d’Allen & Overy.
 
Leur mission est de mettre en avant, dans les pays étrangers, les solutions luxembourgeoises. Nous avons actuel­lement quatre international desks (Moscou, New York, Amérique latine et Hong Kong).
 
Notre cabinet est perçu comme très compétitif mais aussi comme ‘très humain’, prenant le temps de former et de développer les gens. D’ailleurs, nous avons pour nos collaborateurs un cursus de formation très solide.
 
Source ; paperjam.lu
 
Venez rencontrer votre futur employeur au Luxembourg lors de la tournée Plug&Work Europe 2013 ! Toutes les infos et inscriptions sur plugnwork.eu !
 
Retrouvez toutes les offres d’emploi et de formations au Luxembourg sur www.moovijob.com !

Facebook Comments

Post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.