Miser sur l’employabilité des talents : le cas de Mazars

Le cabinet d’audit et de conseil aura six partenaires entreprises, mais aucune école. Le programme accueillera une trentaine de managers avec dix ans d’expérience, ayant vocation à devenir dirigeants.

Voici une initiative qui risque de bousculer le marché de la formation continue. Le cabinet d’audit et de conseil Mazars lancera à l’automne 2013 son propre Executive MBA, en partenariat avec plusieurs entreprises du CAC 40, mais sans le concours d’une grande école. D’une durée de deux ans, à raison de sessions de huit semaines de formation, il accueillera une trentaine de managers avec dix ans d’expérience, ayant vocation à devenir dirigeants.

Jusqu’alors les écoles de management montaient des programmes MBA pour le compte d’entreprises dont elles accueil­laient les participants. «Au­­­jourd’hui, nous sommes arrivés au bout du modèle d’éducation par les seules grandes écoles, même si elles gardent pour l’instant le monopole de la délivrance du diplôme. Depuis plusieurs années, les universités d’entreprises ont connu un très net dévelop­pement dans la formation collec­tive de leurs collaborateurs», explique Laurent Choain, directeur des ressources humaines du groupe Mazars.

Programme accrédité
Depuis dix-huit mois, il teste le prototype de ce programme en interne auprès de ses propres ­collaborateurs. «Nous aurons au total trois promotions formées lorsque nous ouvrirons, en 2013, ce programme à d’autres entreprises», précise-t-il. Les enseignements seront assurés par une quinzaine de professeurs des meilleures écoles et universités mondiales.

Un conseil d’orientation ­(advisory board) réunira les entreprises partenaires (six au total, parmi lesquelles Altran), plusieurs experts académiques internationaux (dont Michel Fender, doyen de l’actuel EMBA de Mazars et ancien responsable de l’Executive Education à l’Essec). Quant au président du conseil d’orientation, il s’agit de Frank Bournois, en charge de la CEFDG (commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion).

À terme, ce programme généraliste de formation des futurs ­dirigeants, baptisé «The next MBA», aura vocation à chercher les accréditations internationales, Amba et Epas, comme le font les grandes écoles pour leurs formations.

«D’une manière générale, c’est la première fois que je contribue à la mise en place d’une politique RH n’ayant pas vocation à fidéliser les collaborateurs, constate Laurent Choain, qui a longtemps eu en charge l’Executive Education de Reims Business School. Je travaille avant tout à l’employabilité des talents, en particulier dans le champ d’un leadership plus moderne. Ce sont des profils extrê­mement bien formés à nos métiers techniques, mais à qui il manque une formation au management de direction.»

Publié le 26/22/2012 – Lefigaro.fr – Par Christine Lagoutte

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