Quand les stars du Net mesurent leur succès au recrutement


Qui recrute, qui licencie : le marché du travail de la Silicon Valley est un baromètre de la santé des entreprises.
 
Mi-septembre, Marissa Mayer était invitée de la conférence TechCrunch Disrupt à San Francisco. La nouvelle patronne de Yahoo! tenait à prouver le redressement du portail Internet depuis son arrivée aux commandes, un an plus tôt.
 
Mais plutôt que de s’attarder sur le cours de Bourse ou le chiffre d’affaires, la transfuge de Google a invoqué un tout autre argument. «Nous recevons désormais 12.000 CV par semaine», s’est-elle félicitée. Et d’expliquer: «C’est un chiffre ­intéressant car notre entreprise compte aujourd’hui environ 12.000 employés.
 
Autrement dit, pour ­chaque poste que nous avons, nous recevons, en gros, un CV par ­semaine. Soit entre cinq à six fois plus que ce qu’on recevait avant mon arrivée, en juillet 2012».
 
Les chiffres invoqués par ­Marissa Mayer sont difficiles à ­vérifier. Mais le fait que la directrice générale de Yahoo! s’y réfère prouve que, dans la Silicon Valley, c’est au mercato des ingénieurs et designers anonymes – plutôt qu’au transfert des dirigeants – que se mesure le succès des entreprises. Il suffit parfois d’une conversation pour avoir un aperçu du marché.
 
Celle qui se tient entre un ingénieur de Twitter, un employé d’Apple et un entrepreneur qui officie dans l’analyse de données est parlante. Le premier vient de rejoindre la plate-forme de microblogging, le second est fidèle à la pomme depuis des années et le dernier n’est pas peu fier de faire tenir sa start-up depuis deux ans. «Qui recrute en ce moment? Je sais que Yahoo! chasse beaucoup, mais autour de moi les gens ont plutôt tendance à partir pour créer leur propre entreprise», raconte, de son côté, une employée de Google.
 
Au début de l’été, ce sont plutôt les cuisantes difficultés de l’éditeur de jeux vidéo Zynga qui se sont manifestées par le licenciement de plus de 500 personnes. Des départs qui ont fait le bonheur de start-up en pleine croissance et à la recherche de talents comme Quora, Dropbox et d’autres. Ce qui fait pencher la balance en faveur d’un géant du Web ou d’une entreprise naissante? Les avantages offerts par Facebook ou Google – comme une cantine gratuite et des terrains de jeux divers – relèvent plutôt de l’anecdote.
 
Chez Twitter, une cabine de DJ est placée dans le restaurant d’entreprise, mais c’est plutôt la visite régulière de célébrités du cinéma, de la musique ou de l’entrepreneuriat qui séduit les jeunes salariés. Google, saigné il y a quelques années encore par Facebook, la nouvelle star du quartier, est en train de redevenir une destination convoitée. La raison? Le moteur de recherche qui avait fini par devenir une société ne cherchant plus qu’à vendre de la publicité refait rêver depuis qu’il multiplie les projets futuristes – voiture pilotée par ordinateur, Google Glass, et désormais vie éternelle.
 
Part du capital
 
Du côté des très jeunes start-up, on joue plutôt sur la promesse de construire une grande entreprise et de prendre une petite part du gâteau au passage. Sur le site d’investissement AngelList, les offres d’emplois de toutes petites pépites affichent ainsi toutes un salaire et une part de capital offerte avec le poste – entre 0,5 % et 2 % c’est selon.
 
De même, la perspective d’une prochaine introduction en Bourse a récemment aidé Twitter à redevenir une destination attractive pour les cadors du clavier. La société avait dû auparavant assister, impuissante, au départ de nombreux designers et ingénieurs pour Square, le nouveau projet de paiement mobile lancé par Jack Dorsey, cofondateur de Twitter.
 
Quelques mois ou années plus tard, les jeunes pousses qui ont survécu recrachent sur le marché un nouveau lot de talents. Ce sont des départs liés à une certaine crise de croissance. En effet, les employés qui ont rejoint une start-up dans ses premières heures quittent cette dernière pour deux raisons: être employé numéro 6 ou 7 dans une société de 10 personnes n’est pas la même chose que de l’être dans une société de 80 ou 100 personnes.
 
Soit on ne retrouve pas l’esprit et les défis qui ont rendu le projet excitant au départ. Soit ses compétences sont dépassés par les besoins nouveaux ou croissants de l’entreprise. Ce qui pouvait se bricoler jadis sur un coin de table de cuisine doit désormais être fignolé par un spécialiste.
 
Le service de stockage en ligne Dropbox fait partie actuellement de ces entreprises à la croisée des chemins. Attractive car ­probable candidat à une intro­duction en Bourse future, mais décevante pour ceux qui en ont bâti les ­fondations et qui choi­sissent de voguer vers de nou­velles ­ aventures.
 
Source ; lefigaro.fr
 
Venez rencontrer votre futur employeur lors du Moovijob Tour 2013 ! Toutes les infos sur www.moovijob.com !
 
Retrouvez toutes les offres d’emploi sur www.moovijob.com !

Facebook Comments

Post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.