Quels sont les sujets à évoquer lors d’un entretien d’embauche en Suisse ?

Lors des entretiens d’embauche, certains thèmes sont récurrents, comme les succès et les échecs personnels du demandeur d’emploi.

Les Européens, par exemple, n’aiment parler ni des uns ni des autres. C’est culturel, selon une étude.

Les candidats originaires du Brésil, de la Russie, de l’Inde ou des Etats-Unis sont préparés et soignent leur «marketing personnel», explique Daniel Huber, responsable des ressources humaines chez Alstom Suisse. Ces cinq dernières années, l’expert a mené des entretiens d’embauche avec des cadres supérieurs dans une vingtaine de pays.

Cette impression est partagée par d’autres de ses collègues et corroborée par une étude de la Banque Barclays. «Il est frappant de voir que dans les pays émergents, les échecs sont perçus de manière positive», relève Emily Haisley, active dans l’équipe «Investment Philosophie & Behavioural Finance» de l’établissement bancaire. Ce sont des étapes nécessaires pour atteindre un objectif.

Il ressort de l’étude, menée auprès de demandeurs d’emploi et de personnes fortunées, que dans les pays émergents, les échecs ne sont pas une raison de se sentir malheureux ou de perdre son optimisme.

Dans ces pays, il s’est développé une culture de la ténacité, qui se retrouve chez les entrepreneurs. Pour les demandeurs d’emploi ambitieux, il est dès lors plus facile de mentionner ses insuccès, ajoute Emily Haisley.

Suisses opposés à l’échec

En Suisse, en revanche, cette attitude ne va pas autant de soi. Seuls 65% des sondés embaucheraient une personne ayant échoué dans une entreprise par le passé. A Monaco, le pourcentage descend à 25%. En Inde, par contre, 91% des responsables d’embauche diraient oui. Ils sont 89% en Arabie Saoudite et 86% au Qatar.

Les Européens font preuve de trop de retenue, estime Daniel Huber. Ils se vendent au-dessous de leur valeur. «Je dois souvent leur soutirer des informations sur leurs capacités et leurs prestations».

Les Asiatiques eux aussi ont une culture qui ne les aide pas à vanter leurs succès ou à parler de leurs fiascos. «Ils n’aiment pas perdre la face», indique Thomas Bösch, chef du personnel en Suisse de Novartis. Ils font aussi en sorte que leur interlocuteur, lui non plus, ne doive pas donner une mauvaise image de lui-même.

Mais la situation dans ces pays, notamment en Chine, est en train d’évoluer, selon Daniel Huber. Dans le champ de contraintes des trois «C» – confucianisme, communisme et capitalisme -, plusieurs générations se télescopent. Ces antagonismes encouragent et déconcertent à la fois de nombreux Chinois.

Devise olympique

En Europe, où l’on se base sur la devise olympique «plus vite, plus haut, plus fort», il se passe apparemment un revirement de tendance qui devrait aboutir à plus d’ouverture sur les échecs, selon Daniel Huber.

Pour les experts de la Banque Barclays, ce changement de culture est nécessaire. La peur de la défaite pourrait ralentir l’évolution des lieux phares du monde des entreprises que sont l’Europe ou les Etats-Unis.

Les cultures occidentales devraient essayer de se pencher beaucoup plus sur les avantages des risques entrepreneuriaux, relève Emily Haisley. Le fait que les entreprises ne réussissent pas toujours du premier coup peut à long terme se révéler positif pour l’économie d’un pays. Les entrepreneurs apprennent ainsi à s’adapter à de nouveaux modèles d’affaires.

Les employeurs doivent aussi reconnaître ces chances dans leurs entretiens d’embauche. «En parlant des échecs, l’intervieweur veut savoir ce qui s’est passé et ce que la personne a fait pour ne pas revivre une telle situation», explique Thomas Bösch. Les échecs montrent comment les hommes apprennent.

Publié le 02/04/2013 – Lematin.ch – Par ats/Newsnet

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